WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

coronavirus Hécatombe sans fin dans l’habillement

CORONAVIRUS. La crise sanitaire a laminé un secteur déjà très fragilisé par le mouvement des "gilets jaunes" et des bouleversements structurels.
Vivarte marques
Vivarte marques

La pandémie de coronavirus et ses conséquences ont été impitoyables pour le secteur du textile et de l’habillement. En l’espace d’une quinzaine de jours, pas moins de six entreprises importantes du secteur ont entamé en France une procédure collective – sept depuis le début du mois d’avril. Certaines ont déjà connu une issue fatale.

C’est le cas du fabricant et distributeur de chaussures JB Martin, qui a été placé mercredi en liquidation judiciaire, a-t-on appris hier, après une cessation de paiement déclarée une semaine plus tôt. La société, fondée en 1921 à Fougères, emploie 120 personnes. Il y a quelques jours, Verywear (680 salariés), propriétaire des magasins multimarques Devianne, et surtout La Halle a été placé en redressement judiciaire. L’emblématique chausseur André, Orchestra-Prémaman, Naf Naf et Camaïeu les ont précédés depuis le 1er avril.

Le traumatisme est fort dans les régions concernées, où ces groupes étaient souvent des pourvoyeurs d’emplois importants dans des bassins en crise : André emploie 600 salariés, tandis que les effectifs se comptent en milliers pour Naf Naf (1.170 salariés), Orchestra-Prémaman (2.900), Camaïeu (3.900) et La Halle (5.400).

Les mesures de confinement, instaurées en France du 17 mars au 11 mai, n’ont pas affecté les différents sous-secteurs de la distribution de la même manière. Le textile, habillement et chaussures est ainsi la catégorie de biens qui a le plus reculé au mois d’avril dans les pays de la zone euro, selon les statistiques de ventes au détail publiées hier par Eurostat : la chute atteint presque 21% par rapport au niveau de consommation du mois de mars. Pour les mois de mars et avril, Eurostat observe un effondrement de plus de 64% par rapport à février. Quel besoin d’acheter des vêtements et des chaussures neuves lorsque l’on est confiné chez soi ? Surtout par opposition à l’alimentaire, l’équipement informatique (télétravail, loisirs sur écran), les produits pharmaceutiques, voire aux livres.

En outre, le confinement affecte surtout les enseignes dont les ventes sont très majoritairement réalisées via des réseaux de distribution physiques par rapport à la vente en ligne, ce qui est le cas des marques d’entrée de gamme ou de moyenne gamme. Les groupes qui sont entrés en procédure collective correspondent à ce positionnement (les ventes en magasin représentent ainsi entre 80% et 95% de leur chiffre d’affaires).

Mais la crise sanitaire s’est ajoutée à une litanie de difficultés antérieures, qui a fait que les entreprises du secteur sont entrées dans la crise dans un état de grande fragilité. Elles avaient déjà souffert de la longue crise des "gilets jaunes" et peinaient depuis des années à renouveler leur stratégie face au boom du commerce en ligne et du développement de la vente des vêtements d’occasion. En conséquence de quoi les plans sociaux s’étaient multipliés ces dernières années.

Le secteur subit ainsi une double peine : déjà en difficulté avant la pandémie, ses entreprises ne sont en général pas éligibles au Prêt garanti par l’Etat (PGE), qui n’a pas été prévu pour "financer les canards boîteux", insistait-on à Bercy au moment du lancement de ce mécanisme, fin mars. Certaines des enseignes aujourd'hui en difficulté ont ainsi fait l'objet de marques d'intérêt, comme Naf Naf ou La Halle. Mais les sauvetages ne se passeront pas sans casse sociale.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article