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coronavirus Maisons du Monde s’appuie sur son modèle… et l’Etat pour traverser la tempête

CORONAVIRUS. Le groupe d’ameublement, en meilleure santé que certains de ses grands concurrents, a obtenu 150 millions d’euros de prêt garanti par l’Etat et la suspension de son covenant bancaire.
Maisons du Monde
Maisons du Monde

Alors que l’Etat français a garanti 93 milliards d’euros de financements à 490.000 entreprises affectées par les conséquences de la pandémie, dans le cadre de son programme de Prêt garanti par l’Etat (PGE), un nouveau bénéficiaire s’est fait connaître hier soir : l’enseigne d’ameublement Maisons du Monde.

Celle-ci a annoncé l’obtention d’un PGE de 150 millions d’euros, garanti à hauteur de 90%. C’est un taux qui correspond à ce qui est en principe accordé à une société dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 milliard d’euros – Maisons du Monde a réalisé 1,22 milliard en 2019. Sa maturité d’un an peut être étendue de cinq années (jusqu’en juin 2026).

Ce financement (accordé le Crédit Agricole, BPCE, la Société Générale, CM-CIC, HSBC et BNP Paribas) vient grandement soulager la liquidité de l’entreprise : celle-ci atteignait 222 millions d’euros au 31 mars, sachant que le groupe avait dû tirer entièrement sur ses deux facilités de crédit renouvelable deux semaines plus tôt, pour un montant total de 150 millions d’euros. Reste à savoir quelle sera la consommation de cash au deuxième trimestre. Il n’en reste pas moins que "dans le contexte actuel incertain, pouvoir emprunter auprès des banques avec une garantie étatique est une bonne nouvelle puisqu’elle permet au groupe d’accroître sa flexibilité financière", rappelle Antoine Guillodo, analyste-crédit chez Octo Finances.

Autre signe d’une situation financière tendue, Maisons du Monde a dû négocier avec ses créanciers la suspension de son covenant financier (dette nette/Ebitda inférieur à 3,75) pour les deux dernières échéances de test de son emprunt senior de 200 millions d’euros, qui arrive à échéance le 31 mai 2021. Mais les négociations se sont terminées par un succès.

Le secteur de la distribution non alimentaire a été rudement touché par les mesures de confinement. Si la situation dans l’ameublement n’est peut-être pas aussi catastrophique que dans l’habillement (où les procédures collectives s’enchaînent), ses acteurs ont néanmoins souffert. Maisons du Monde, par exemple, a été très précocement affecté par les mesures de confinement, puisque 57% de son approvisionnement provient de Chine, avec un système d’achats mensuels à flux tendu.

Témoins de la difficulté de la situation, le placement en redressement judiciaire d’Alinéa (2.000 salariés) et l’inquiétante situation du géant Conforama (9.000 salariés). Contrairement à Maisons du Monde, Conforama peine à obtenir de ses banques HSBC et BNP Paribas un PGE de 320 millions d’euros garanti à 90%. Il faut dire que ses difficultés sont plus importantes et en partie antérieure à la crise, en raison des déboires judiciaro-financiers de son actionnaire, le sud-africain Steinhoff.

En raison d’une chaîne d’approvisionnement fortement perturbée et la fermeture de ses magasins à partir du 17 mars, le chiffre d’affaires de Maisons du Monde a baissé de 13% au premier trimestre, à 244 millions d’euros, la pandémie représentant environ 40 millions de manque à gagner.

Le groupe était jusqu’ici considéré comme une valeur de croissance, avec un fort potentiel international (une vingtaine d’ouvertures étaient prévues à l’étranger en 2020 avant que n’éclate la pandémie). Le poids de ses ventes en ligne (29%) lui permet également d’amortir un peu l’effet du confinement. Il bénéficie également de son activité décoration, moins vulnérable que le mobilier.

S’il prévoit une baisse significative de ses résultats au trimestre suivant, l’Ebitda devrait rester positif. L’enseigne a parallèlement pris des mesures pour préserver sa trésorerie et ses liquidités, annonçant la suppression de son dividende, un plan d’économies, la réduction des commandes de meubles et le report de projets d’investissement. "Si la consommation de cash est certaine au premier semestre, sur l’ensemble de l’exercice 2020 elle pourrait être plus limitée, à condition d’une maîtrise du BFR et des capex. Les mesures prises par le management ces derniers mois vont dans ce sens", estime ainsi Antoine Guillodo, qui prévoit un scénario conservateur avec un recul de 25% du chiffre d’affaires et de 50% de l’Ebitda en 2020.

La situation n’empêche en tout cas pas Maisons du Monde, dont le cours de Bourse a fortement chuté ces dernières années, de susciter l’intérêt : son actionnaire principal, le fonds Teleios Capital Partners, s’est renforcé au capital de Maisons du Monde au cours de la crise (il détient désormais 20,2% de son capital et de ses droits de vote) et des rumeurs de convoitise de fonds d’investissement, mais aussi de retrait de cote, ont agité le marché ces dernières semaines.

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