Private Equity
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La Place de Paris accueille une nouvelle équipe de private equity
En levant l'équivalent de 500 millions d'euros d'argent frais à l'occasion de son introduction en Bourse à Stockholm en septembre 2019, EQT Partners s'est doté de moyens supplémentaires pour accélérer son développement international et le prouve aujourd'hui. La société d'investissement dans le non-coté (capital-investissement mid et large cap, capital-risque, infrastructures et immobilier), lancée en 1994 par Investor AB, le holding de la puissante famille suédoise Wallenberg, a annoncé l'ouverture d'un bureau parisien.
EQT s'est doté d'une équipe solide, signe de ses ambitions en France. Le bureau est présidé par Nicolas Brugère, qui a travaillé 13 ans chez PAI Partners, fonds français et européen emblématique héritier de Paribas Affaires Industrielles. Il prendra directement en charge le pôle "private equity", c'est-à-dire le capital-investissement traditionnel, composé de trois collaborateurs en tout. Il est secondé par Thomas Rajzbaum, qui a couvert les grandes opérations pendant 8 ans chez Carlyle et qui prend en charge l'équipe infrastructures - autre grande spécialité d'EQT, qui a clos en 2018 un fonds mondial de 9 milliards d'euros. En France, ils seront quatre à suivre cette activité, qui vise davantage les sociétés oeuvrant dans ce secteur plutôt que des projets ou des actifs existants. Rania Belkahia, cofondatrice d'Afrimarket, vient de rejoindre la firme suédoise et chapeautera EQT Ventures (capital-risque) à Paris, avec un autre professionnel. Enfin, Sébastien Morizot aura la responsabilité des investissements immobiliers d'EQT Real Estate, après avoir exercé chez Colony Capital, fonds d'investissement emblématique à forte dimension immobilière.
L'idée de l'ouverture d'un bureau dédié à la France trottait dans la tête des dirigeants depuis quelque temps déjà, alors que la firme dispose de 17 bureaux à travers le monde et que, jusqu'à aujourd'hui, le marché français était couvert par ses équipes sectorielles établies dans différents pays. "Le processus s'est accéléré au moment de notre investissement dans la Saur en décembre 2018. Mais EQT s'est développé très rapidement ces dernières années en lançant de nouveaux fonds et en développant une présence importante aux États-Unis et en Asie ; il était difficile de tout faire en même temps", indique Nicolas Brugère à Wansquare. "Les investissements d'EQT illustrent son appétit pour la France. Mais les responsables ont pris le temps de la réflexion sur la meilleure manière de s'y établir. Nous ouvrons avec 10 professionnels, ce qui fait du bureau parisien l'un des plus importants de la firme en Europe", ajoute Thomas Rajzbaum. Outre Saur, le gestionnaire est investi en France dans CallDesk, TinyClues et, dans l'immobilier, il détient les immeubles Smart Parc, Trideca et Concept (dont la valeur dépasse selon lui 400 millions d'euros), ainsi qu'un programme de développement de 3.000 logements "abordables et inclusifs" dans toute la France.
Le bureau parisien déploiera la même stratégie que sa maison-mère: à savoir une spécialisation dans la santé (en particulier les medtech), les TMT (notamment dans leur partie logiciels), les technologies industrielles ("industrial tech") et les services - tout en restant très peu exposé au tourisme-hôtellerie-loisirs (qui ne pèse que 10% du portefeuille d'actifs mondial d'EQT). Dans les infrastructures, les thématiques sont proches : télécommunications (tours, fibre optique...), énergies (notamment renouvelables) et infrastructures sociales (hôpitaux, maisons de retraite).
Bref, ce sont des secteurs qui, mis à part les établissements de santé, ont relativement mieux traversé la crise sanitaire et qui comptent parmi les mieux placés pour rebondir. "Nous apprécions les sociétés qui affichent une forte croissance organique et à long terme", explique Nicolas Brugère - à la différence de certains fonds qui privilégient les sociétés consolidatrices de leur secteur, dont la croissance est principalement tirée par les acquisitions, ou qui préfèrent les sociétés à fort potentiel de redressement.
EQT compte donc poursuivre cette thèse d'investissement en France, même si, dans le contexte actuel, il compte se montrer souple quant aux structures financières pour réaliser les acquisitions, afin de permettre aux sociétés de résister à de fortes baisses d'activité. "Nous avons eu quelques sujets de liquidité parmi les sociétés de nos portefeuilles d'actifs qui nous ont amenés à discuter avec les prêteurs ou à injecter du capital. Ces sujets sont aujourd'hui résolus", explique Nicolas Brugère.
En revanche, les deux dirigeants ne s'attendent pas à des changements profonds dans les transactions dans la foulée de la crise. Si des grands groupes seront encouragés à céder certaines filiales pour s'adapter au contexte, les valorisations dans le non-coté ne devraient pas fondamentalement baisser.
EQT Partners gère aujourd'hui 40 milliards d'euros d'actifs dans le monde.
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