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Sur les marchés

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Les entreprises émettent encore à tout va

Les émissions obligataires senior se succèdent à un rythme effréné face à la demande toujours importante des investisseurs.
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L'appétit des investisseurs pour les émissions obligataires senior d'entreprises investment grade ne se dément pas. Depuis le début de la semaine, les transactions se sont enchaînées et la demande a été forte, comme en témoignent les multiples de sursouscription importants observés à l'occasion.

Dernières transactions en date, pas plus tard qu'hier : l'opérateur télécoms Iliad (propriétaire de Free) et le groupe de solutions paiements et de services aux salariés Edenred (titres-restaurant, cartes-carburant, cartes-cadeaux, etc.) ont respectivement levé 650 et 600 millions d'euros, à 6 et 9 ans. La semaine dernière, Airbus levait 3,5 milliards d'euros en trois tranches (à 6, 10 et 20 ans), tandis qu'Engie collectait 750 millions d'euros à 7 ans.

La demande a été au rendez-vous : elle a par exemple représenté plus de 15 milliards d'euros pour Airbus (soit un multiple de sursouscription de 4,3), dont 31 ordres de 100 millions et plus, et plus de 2 milliards pour Iliad (soit 3,1 fois), alors qu'il s'agit d'un émetteur non noté, tandis que celle d'Edenred a été sursouscrite plus de 2 fois. Le succès est d'autant plus notable que certaines de ces entreprises s'étaient déjà récemment adressées au marché : Engie et Airbus avaient chacun émis 2,5 milliards d'euros les 20 et 31 mars respectivement. Ce, en pleine tourmente liée au coronavirus et à l'effondrement des prix du pétrole. Pour Iliad, c'était en revanche son grand retour puisque son émission obligataire précédente datait d'avril 2018.

La demande a également permis de négocier à la baisse les coupons par rapport aux fourchettes de prix initiales (IPT). Airbus a ainsi obtenu des baisses représentant jusqu'à 50 points de base (pb) par rapport au bas de la fourchette de sa tranche à 20 ans, ressortie à Mid Swap +230 pb. Engie a obtenu un pricing inférieur de 35 pb à l'IPT de son émission (organisée par BNP Paribas, Crédit Agricole, Mizuho, Natixis, Société Générale et UniCredit).

Évidemment, le renforcement des liquidités et l'allongement de la maturité de la dette font partie des motifs invoqués par les corporates, répondant aux incertitudes encore très fortes des entreprises quant à la vigueur de la reprise de l'activité économique depuis le déconfinement progressif. Mais certaines raisons montrent également que les entreprises se projettent déjà. C'est en particulier le cas d'Iliad qui, comme le reste du secteur des télécoms, a plutôt bien résisté à la crise : l'opération (arrangée par une ribambelle de banques, dont les quatre françaises) "vient soutenir son développement en France et en Italie ainsi que la poursuite du déploiement de ses infrastructures fibre et mobile", indique l'opérateur, qui négocie par exemple avec Open Fiber le lancement d'une offre internet fixe dans la péninsule.

L'appétit des investisseurs ne se dément donc pas depuis la crise. Les statistiques avaient montré une activité exceptionnelle en mars et en avril sur le marché obligataire des entreprises investment grade (considérées comme les plus solides par les agences de notation). En mai, un nouveau record a été battu en Europe, où 61 milliards d'euros ont été levés par ce type d'émetteurs. Si du côté des entreprises, les besoins sont évidents (tout en faisant courir un risque important à leurs bilans dans les années à venir), ils sont rejoints par la demande des investisseurs institutionnels. Ces derniers possèdent des liquidités très importantes et ne peuvent guère compter sur les émissions souveraines pour obtenir du rendement, puisque la crise actuelle a de nouveau fait plonger les taux d'intérêt des Banques centrales - déjà bien bas.

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