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M & A : monétiser ses actifs, le nouveau credo

Sanofi qui vend sa part dans Regeneron, ou la banque américaine PNC dans BlackRock… Après les émissions obligataires, les groupes européens et américains n’hésitent pas à vendre leurs participations dans des groupes tiers afin de dégager de la trésorerie pour passer la crise.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

La crise inattendue du coronavirus a pris de court les entreprises du monde entier. Pour celles qui n’étaient pas directement impactées par le coup d’arrêt comme l’automobile et les transports, le premier réflexe a été la ruée sur les marchés obligataires. 327 milliards de dollars d’émissions obligataires ont été réalisées en mars 2020 selon Dealogic, soit une hausse de 31 % sur un an et un record. Même chose en Europe, où le mois de mars a été le troisième plus actif de l’histoire (41,4 milliards d’euros), et surtout en mai, avec un volume 61 milliards d’euros jamais vu.

Après cette vague obligataire, les grands groupes européens et américains sont désormais passés à une nouvelle phase de recherche de cash. L’objectif est à la fois de garder un maximum de munitions pour pouvoir rebondir après trois mois de confinement, mais aussi faire le dos rond en cas de deuxième vague. Dans ce contexte, les boards savent qu’ils n’ont pas le choix face à des actionnaires exigeants et des concurrents aux aguets. Il faut donc monétiser les actifs, et en premier lieu les participations dans des groupes tiers, qui sont les plus faciles à solder. Ces décisions sont d’autant plus facilitées lorsque les participations en question sont cotées – donc liquides – et affichent une belle plus-value potentielle.

Si ces opérations sont très récentes, deux grosses opérations ont eu lieu de chaque côté de l’Atlantique. En France, Sanofi a vendu sa part de 20 % dans le laboratoire américain Regeneron pour plus de 11 milliards de dollars, avec qui il garde néanmoins un partenariat pour le développement de nouveaux traitements. Aux États-Unis, la banque régionale PNC a soldé son aventure dans BlackRock, le plus gros gérant d’actifs au monde, pour plus de 13 milliards de dollars, et a enregistré un TRI vertigineux pour cet investissement de 240 millions de dollars réalisé il y a 25 ans. Par ailleurs, le japonais Softbank a annoncé sa volonté de vendre la majeure de partie de sa part de 30 milliards de dollars dans l’opérateur américain T-Mobile, pour des raisons également extérieures au coronavirus. T-Mobile a été fusionné avec Sprint, ancienne filiale de Softbank, et le groupe de Masayoshi Son, qui pâtit de ses très gros investissements dans des licornes techs comme WeWork ou Uber, avait déjà besoin de dégager des liquidités.

Mais les entreprises n’en resteront probablement pas là, surtout si l’économie ne rebondit pas en V comme semblent encore le croire les marchés. Après ces premières cessions de parts minoritaires, les grands groupes vont lancer des revues stratégiques de leurs propres actifs, afin d’identifier les actifs qui sont à la fois périphériques et valorisables. Cette étape prend plus de temps, mais les premiers dossiers commencent à émerger, à l’image d’Arkema qui selon Bloomberg a lancé le process de cession de son activité plexiglas, pour laquelle il attendrait environ un milliard de dollars.

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