Politique économique
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Les sages allemands prédisent une récession plus forte que prévu
Après la publication hier matin d'un indicateur PMI pour le mois de mai un peu moins bon que prévu outre-Rhin, les sages allemands ont enfoncé le clou. Les cinq experts membres du Conseil économique, chargés d'éclairer la chancelière en matière de politique économique, ont ainsi affiné et revu leurs prévisions de croissance à la baisse pour 2020 : selon leurs anticipations, le PIB du pays devrait ainsi reculer de 6,5% cette année, contre une première estimation comprise entre -2,8% et -5,4%. Le ministre de l'Économie Peter Altmaier avait quant à lui annoncé fin avril que le PIB de son pays reculerait de 6,3%, soit sa pire performance depuis le début des calculs, en 1970.
Une récession dramatique, liée comme dans tous les autres pays de l'UE, aux presque deux mois de confinement. Cette période d'enfermement a certes été moins marquée qu'en France (où le recul du PIB sera d'ailleurs deux fois plus important), mais a tout de même réduit de façon drastique l'activité industrielle du pays. L'Allemagne a également été plus affectée que ses voisins par le ralentissement du commerce mondial, son économie étant la plus ouverte de la zone euro. Selon le gouvernement allemand, les exportations devraient ainsi reculer de 11,6% cette année et la consommation, de 7,4%. Et il faudra attendre 2022 pour que le pays retrouve son niveau d'activité de fin 2019, avait averti Peter Altemeier fin avril.
Même constat de la part des sages allemands qui prévoient l'an prochain une croissance de 4,9%, puis un retour au niveau d'avant crise en 2022. Petite lueur d'espoir tout de même pour l'économie rhénane : les experts parient sur une reprise en V, après la chute brutale du premier trimestre, et misent sur une reprise à partir de cet été. Mais, ont-ils précisé, le rythme de redémarrage suppose "qu'il sera possible de limiter une seconde vague d'infection sans imposer de nouvelles restrictions générales", ont prévenu les experts. Or le pays, relativement moins touché que les autres en termes de nombre de cas et de décès, a dû reconfiner deux cantons (Gütersloh et Warendorf), dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, après l'apparition d'un foyer de contamination dans le plus grand abattoir d'Europe, où plus de 1.500 cas ont été détectés.
Si le pays devait connaître une seconde période de confinement, l'économie allemande pourrait plonger de façon bien plus importante que prévu au second semestre. Selon un scénario établi par l'institut économique allemand Ifo fin avril, qui avait alors établi trois cas de figure en fonction de la durée du confinement, si ce dernier durait trois mois, suivi d'une période de redressement de quatre mois, les pertes de production pour le pays pourraient atteindre plus de 20%. Pour l'instant, l'Allemagne a été l'une des premières à déconfiner ses citoyens, qui n'auront donc été enfermés "que" deux mois. Un reconfinement du pays serait dramatique pour l'économie allemande.
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