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Les actionnaires de PSA appuient sans réserve la fusion avec FCA

Ils ont approuvé à la quasi-unanimité les résolutions de l’AG relatives aux modalités de la fusion avec Fiat Chrysler.
Le siège de PSA à Rueil-Malmaison
Le siège de PSA à Rueil-Malmaison

Malgré le Coronavirus, malgré la baisse des valorisations boursières, malgré l’enquête approfondie des autorités européennes, les actionnaires de PSA ont apporté leur bénédiction au rapprochement avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA). A l’occasion de l’assemblée générale réunie hier à huit clos, ils ont approuvé à plus de 99% les quatre résolutions relatives à l’opération.

Les actionnaires ont notamment approuvé les conventions réglementées par lesquelles les trois principaux actionnaires de PSA (la famille Peugeot, la banque publique Bpifrance et le constructeur chinois DongFeng) s'engagent à soutenir la fusion avec FCA selon son schéma initial.

Lors de son annonce en décembre dernier, le montage – présenté comme une fusion entre égaux – suscitait déjà des interrogations, en particulier pour la part belle qu’il accordait aux actionnaires de FCA, notamment Exor, le holding de la famille fondatrice Agnelli : le constructeur italo-américain doit leur verser un dividende exceptionnel de 5,5 milliards d’euros (ainsi que le produit de la vente de sa filiale d’automation Comau), tandis que PSA doit distribuer aux siens sa participation de 46% au capital de l’équipementier Faurecia, qui représentait déjà bien moins que 5,5 milliards.

En raison de la crise, PSA et Fiat ont annoncé le mois dernier qu'ils renonçaient au versement d'un dividende ordinaire de 1,1 milliard d'euros chacun prévu dans le cadre de leur mariage, préservant ainsi leur trésorerie. En revanche, aucun autre terme n’a été modifié, alors que le déséquilibre s’est accentué pendant la pandémie puisque Faurecia a perdu près d’un tiers de sa valeur en Bourse depuis l’annonce du projet de fusion. Cela joue encore en défaveur des actionnaires du constructeur français, puisque le montant du dividende exceptionnel versé par FCA, lui, n’a pas bougé, en dépit de l’obtention mercredi dernier par le groupe transalpin de la garantie de l’Etat italien sur un prêt de 6,3 milliards d’euros.

Les actionnaires de PSA ont malgré tout soutenu l’opération sans ambiguïté, malgré les critiques renouvelées du fonds d’investissement et actionnaire minoritaire Phitrust. Et l’enquête approfondie des autorités de la concurrence européennes sur une possible position dominante dans les véhicules utilitaires légers sur le marché européen n’a pas découragé les actionnaires. La fusion entre PSA et FCA donnera naissance au quatrième constructeur mondial en nombre de véhicules vendus et au troisième par le chiffre d’affaires derrière Toyota et Volkswagen (167 milliards d’euros en 2019).

"Les choses sont en train de progresser exactement comme cela a été prévu par nos équipes. Le planning est strictement respecté", a déclaré le président du directoire de PSA Carlos Tavares, lors de l’AG. Les deux protagonistes prévoient d’achever leur union d’ici à la fin du premier trimestre 2021. Il a répété que la taille était importante pour amortir les investissements nécessaires, en particulier pour assurer la transition de l’automobile vers l’électrique.

Mais s’il a affiché sa détermination, pragmatique, Carlos Tavares n’a pas totalement fermé la porte à des évolutions en cas de force majeure. "Le moment n'est pas venu en pleine période de reconstruction post-Covid d'évoquer cette question. S'il devait y avoir d'autres événements, ils seront décidés par les ‘boards’ [conseils d’administration, ndlr]" des deux entreprises.

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