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Feuilleton de l'été / Claire Falzone-Allard

Feuilleton de l'été
Claire Falzone-Allard

Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après- Claire Falzone-Allard

Après un passage à la Direction du Budget, Claire Falzone-Allard a conseillé plusieurs ministres de l’Éducation nationale et de la jeunesse. Cette mère de 3 enfants rejoint ensuite le privé et Veolia. Elle "ne voit pas de meilleur endroit pour accompagner la transformation écologique". 
Claire Falzone-Allard - DR
Claire Falzone-Allard - DR

"J’ai la chance d’avoir ma passion au bureau". Peu de personnes peuvent s’enorgueillir d’un tel privilège, Claire Falzone-Allard en fait partie. Et pourtant, si la jeune maman "s’abrite derrière la chance alors qu’en réalité ce sont souvent les gens autour de moi qui me portent", son parcours est un exemple de réussite et d’originalité. Du latin aux innovations chez Veolia, le chemin n’est en effet pas sans dénivelé. 

Car c’est en hypokhâgne option latin que le parcours de Claire Falzone-Allard débute après un bac littéraire au lycée Louis Le Grand. Très vite, elle se rend compte que l’enseignement ne l’intéresse pas et bifurque à Sciences Po Paris dès la deuxième année. Le parcours généraliste et centré sur l’acquisition d’une large culture générale des premières années la passionne. Mais ce sont ses expériences professionnelles et associatives qui décrivent le mieux celle qui ne voulait pas faire de politique, mais qui choisira quand même le parcours Affaires Publiques et intégrera finalement l’ENA. 

A 20 ans, alors qu’elle termine sa troisième année à l’institution de la rue Saint Guillaume, Claire Falzone-Allard décroche un stage consistant à évaluer les enjeux du schéma de répartition des hôpitaux en Seine-Saint-Denis. Là, elle prend conscience que " dans la matière publique on voit l’État et, bien qu’il faille se spécialiser, on rejoint une entité aux missions très larges, dans laquelle il est possible de naviguer d’une politique à l’autre". A ce goût pour la chose publique s’ajoute une prise de conscience écologique. A la suite d’un cours de sciences politiques au Royaume-Uni durant un échange universitaire, elle réalise l’importance de cette thématique qui ne la lâchera plus, au point que "ça me tient réveillée la nuit". De retour à Paris pour sa quatrième année, elle fonde alors en 2004 une filiale d’une association au sein de l’école qui vise à mettre en relation les étudiants et échanger sur les grands sujets environnementaux afin de monter des projets communs. Elle continue dans cette voie avec un stage au ministère de l’Environnement, où elle développe les outils permettant de suivre l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Après l’ENA, elle choisit la direction du Budget et un poste d’analyste. Ce choix, Claire Falzone-Allard l’explique par un changement d’esprit : "je me suis rendu compte que je ne voulais pas rester généraliste. Je voulais acquérir une vraie compétence, une expertise utile que je pourrais faire progresser. J’ai trouvé que les chiffres étaient une bonne clef d'analyse pour cela". Sans avoir de passé militant, elle s’engage ensuite dans la campagne de François Hollande et est propulsée conseillère budget et innovation au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse. Si ce n’était pas un objectif lors de la campagne, c’est "une poursuite assez logique si on veut connaitre les différents niveaux de décisions de l'État". Elle reste presque trois années et connaît trois ministres, Vincent Peillon, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, dont elle assure la transition avec le nouveau conseiller. Là, elle se rattache à la science des chiffres pour gérer un portefeuille qui atteignait 90 milliards d’euros quand elle est partie.  "Cette technicité est fondamentale. C’est pour moi la seule manière d'être légitime, quand vous êtes jeune fonctionnaire à donner votre avis sur une politique publique de telle importance". Pour autant, Claire Falzone-Allard n’est pas une matheuse sans originalité, un héritage du latin surement. "Ce que j’aime le plus au monde, c’est trouver des solutions, donc je fais preuve de créativité et je me démène pour faire adhérer" avance-t-elle, en souvenir des réunions avec les directeurs d’administrations centrales qu’elle responsabilisait pour la première fois. 

Après avoir accouché de son premier enfant, elle rejoint Veolia en tant que directrice de cabinet d’Antoine Frérot en mai 2016. Ce passage du public au privé lui permet d’entrevoir enfin la possibilité d’agir sur l’environnement à travers des projets et non pas l’aspect réglementaire qu’elle avait côtoyé au ministère de l’Environnement. Elle quitte son poste en juin 2017, enceinte d’un deuxième enfant, et prend la direction de Veolia Nova, une holding de l’entreprise qui prend des participations dans des projets que Veolia confie à des partenaires extérieurs, en octobre de la même année, "le temps de profiter du deuxième", s’amuse-t-elle. 

Depuis, un troisième enfant est venu compléter la famille. Essentiel à son équilibre, Claire Falzone-Allard s’arrange pour passer le plus de temps avec eux, "une question d’organisation". Si elle continue à lire sur la Révolution Française, une véritable passion, elle relativise : "j’ai la chance d’avoir ma passion au bureau". Car depuis le 1er juillet, elle dirige les innovations de Veolia monde. Un lieu parfait pour enfin laisser libre à cours à sa créativité, qui devrait donc lui convenir pour le futur proche. De toute manière, elle "ne voit pas de meilleur endroit pour accompagner la transformation écologique" que Veolia. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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