Feuilleton de l'été
Feuilleton de l'été
Série d'été : Ils et elles vont construire le monde d'après - Abeba Negga
Elle a la voix douce, jamais un mot plus haut que l’autre. Elle a à peine trente ans. Elle s’apprête à passer ses vacances à vélo en Bretagne. Mais Abeba Negga s’impose déjà dans le monde très feutré et à la fois impitoyable du droit des affaires qu’elle pratique comme avocate au sein du cabinet Perchet Rontchevsky, créé par Christophe Perchet. Auparavant Abeba Negga a exercé pendant quatre ans au sein du cabinet Davis Polk & Wardwell où elle a développé une expertise en droit des sociétés ainsi qu’en matière de réglementation boursière et de gouvernance et où elle a rencontré Christophe Perchet.
Abeba Negga, dont le nom intrigue, car elle est née en France d’un père éthiopien, exilé politique, et d’une mère française, n’a pas perdu de temps. Elle a d’abord obtenu un Master 2 de droit des affaires et de fiscalité à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en 2013. Puis elle a été diplômée de la prestigieuse Université de Berkeley en 2016. Si bien qu’elle est aujourd’hui avocate, à la fois au barreau de Paris et au barreau de New York.
De retour en France, elle est embauchée par le cabinet américain Davis Polk, dont le bureau parisien est mené par le ténor du barreau Georges Terrier. Elle est tout de suite plongée dans des opérations majeures comme la fusion entre Technip et l’américain FMC, ou bien la cession de The Body Shop par L’Oréal. Au sein de ce cabinet, elle goûte le fait d’être à la fois une juriste, mais aussi d’être au contact direct des clients. Car son métier d’avocate, elle ne le conçoit pas comme une juriste rédigeant des conclusions ou des avis remplis de cas de jurisprudence. Ce qu’elle apprécie avant tout, c’est d’accompagner les entreprises dans le choix des différentes options qui leur sont ouvertes par le droit.
Elle s’est notamment retrouvée, aux côtés de Georges Terrier et Christophe Perchet, en première ligne dans plusieurs dossiers sensibles de gouvernance d’entreprise, avec pour tâche délicate de conseiller et assister les dirigeants et administrateurs dans la gestion de situations inédites, voire de véritables crises.
Lorsque Christophe Perchet et Nicolas Rontchevsky ont décidé de créer Perchet Rontchevsky & Associés en début d’année, elle a suivi son mentor, avec l’ambition de vite devenir associée au sein de ce cabinet indépendant dédié aux entreprises, dirigeants et investisseurs et spécialisé dans les opérations stratégiques, les questions de gouvernance et les contentieux complexes. Avec une expertise particulière en droit boursier et toujours ce désir d’être plus que jamais au contact du client, pour n’être pas seulement une avocate, mais aussi une conseillère. Car c’est dans ce rôle qu’elle trouve son véritable épanouissement, surtout lorsque ses clients deviennent des modèles (féminins) à suivre, à l’instar d’Anne-Laure Kiechel. Dans dix ans, Abeba Negga se voit toujours travailler aux côtés de Christophe Perchet, avec le statut d’associée dans un monde des affaires de plus en plus en proie aux problématiques juridiques internationales.
Quant au "monde d’après", Abeba Negga ne cache pas qu’elle a horreur de cette expression. Car "nous sommes tous et à tous moments, chacun à notre place, responsables de notre futur" affirme-t-elle sans hésiter. C’est ce qui l’amène notamment à donner un peu de son temps libre à La Ruche, un réseau national qui accompagne localement les personnes qui souhaitent entreprendre ou développer leur activité de manière pérenne et responsable, plus particulièrement dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.
Et puis Abeba Negga n’oublie pas ses racines éthiopiennes. Son père étant interdit de séjour dans son pays natal, elle s’y est déjà rendue à deux reprises. Fascinée par l’incroyable potentiel économique de ce pays, la richesse de sa civilisation, mais aussi soucieuse de la manière dont la Chine "occupe" petit à petit ce pays qui est devenu sa porte ouverte sur le Continent africain. Nul doute qu’Abeba Negga, dotée de sa jolie force tranquille, va faire parler d’elle dans les années qui viennent. Dans un monde qui ne fait pourtant aucun cadeau à la jeunesse.
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