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Mayde mayde : les prévisions de trafic aérien plongent

Sur les marchés

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Mayday, mayday : les prévisions de trafic aérien plongent

Selon l’agence de notation S&P Global Ratings, le trafic aérien pourrait être encore plus faible que prévu en 2020, avec une diminution comprise entre 60 et 70 %. Les conséquences économiques sur le secteur seront significatives.
S&P Global Ratings
S&P Global Ratings

On l’a compris : quand on est confiné, on ne prend pas l’avion. Ce que l’on commence à comprendre, c’est que même déconfiné, on ne prend pas l’avion. Par peur de l’épidémie, restrictions nationales et régionales instaurées par les gouvernements soucieux de protéger leurs populations, ou bien encore en raison des conséquences économiques d’une situation qui prive certains de revenus et incitent à l’épargne de précaution, les voyageurs aériens peinent à retrouver le chemin des terminaux. Et, même si l’agence de notation S&P reconnaît qu’il "est impossible de prévoir le rythme, l’étendue et le timing du rétablissement des comportements de voyage avec certitude", elle se risque à donner une estimation. Après avoir anticipé une baisse de 50 à 55 % sur l’année 2020 par rapport à 2019, l’agence de notation, qui a revu ses prévisions de trafic aérien mondial de passagers, planche désormais sur une baisse du trafic de 60 à 70 %. L’année 2021 serait elle aussi en berne, avec une baisse de 30 à 40 % du trafic par rapport à 2019 : "nous prévoyons une reprise plus graduelle vers les niveaux d’avant la crise de la Covid-19 d’ici à 2024", précise-t-elle.

Ces chiffres témoignent quoi qu’il en soit de la sévérité de la crise que traverse l’industrie aéronautique. En comparaison, l’Association internationale du transport aérien (IATA) rappelle que la dernière crise du secteur, liée aux attentats du 11 novembre 2001, n’avait provoqué qu’une diminution de 12 % du trafic. Or, l’évolution de la pandémie n’est même pas certaine, ajoutant donc un degré d’incertitude important à ces prévisions qui pourraient encore s’assombrir. La IATA prévoit que les pertes de l’industrie aéronautique vont déjà dépasser les 84 milliards d’euros en 2020.

Pour autant, plus que le trafic, S&P rappelle que ce sont les revenus qui comptent, des revenus qui dépendent du prix des billets pour les compagnies notamment. Or, "en général, nous supposons que le rendement (entendre ici au sens de revenu par kilomètre par passager) sera légèrement inférieur à celui d'avant la crise, à la fois parce qu'il peut y avoir des remises pour attirer les passagers réticents à bord et, probablement plus important encore, parce qu'il y a moins de voyageurs d'affaires, qui paient des tarifs plus élevés".

Mais, dans cet avenir qui s’annonce très difficile, S&P parvient tout de même à trouver du positif : "bien que les prévisions de revenus soient décourageantes, il y a eu quelques compensations positives pour de nombreuses compagnies". D’abord, les remboursements de billets déjà vendus n’ont pas significativement influé sur les flux de trésorerie des compagnies, la majorité des voyageurs ayant bénéficié d’une proposition de report de voyages sous la forme d’un bon plus que d’un remboursement. Ensuite, la crise a obligé les groupes à mieux gérer leurs coûts d’exploitation et à les diminuer, ce qu’ils ont réussi, dans la majorité, à mettre en place. Enfin, les aides de nombreux États à travers le monde pour le secteur n’ont pas manqué et ont permis de préserver la viabilité de l’essentiel des actifs physiques et humains (à l’exception de l’Amérique latine où des faillites sont à craindre).

Aussi, en mettant en perspective tous ces éléments, l’agence de notation conclut : "nous ne croyons pas que la révision des prévisions de trafic aérien aura un impact de notation généralisé sur l'ensemble du portefeuille mondial de compagnies aériennes que nous notons. Cependant, alors que nous continuons à examiner nos compagnies aériennes notées, cela peut affecter certaines entreprises individuelles ".

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