Feuilleton de l'été / Cabinet d'avocats
Feuilleton de l'été
Cabinet d'avocats
Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après - Antoine Maisonneuve
Antoine Maisonneuve fait partie de ceux qui mettent le facteur humain en première ligne de leurs décisions. Cela, on peut aisément le voir dans ses choix professionnels. Diplômé du master 2 d’arbitrage international de Thomas Clay et Sandrine Clavel à Paris V, ce n’est pourtant pas la voie qu’il suit. "La matière est passionnante. Mais il me manquait une dimension humaine que je retrouvais davantage au pénal. Je pense aussi aux audiences qui me stimulent et dont la vie m’aurait manqué ". Un autre choix est une preuve encore plus évidente, celui du cabinet qu’il a rejoint dès 2011. Après un passage chez Veil Jourde, il décide de s’engager auprès du cabinet Maisonneuve, celui de son père Patrick Maisonneuve, dont il est désormais associé. "L’aventure familiale consistant à travailler dans un cabinet qu’il a fondé en partant de rien, de le développer et de le voir prospérer a été la raison pour laquelle j’ai intégré le cabinet il y a 9 ans ".
Avec son père, Antoine Maisonneuve travaille donc sur le droit pénal des affaires. Mais, depuis quelques années, les associés ont développé une pratique qu’ils qualifient "d’hybride". Aux règlements des contentieux liés à la pratique de l’activité pénale, ils ajoutent une politique visant à anticiper au mieux les interrogations des clients en matière pénale. Ainsi, comme il le résume, "nous sommes amenés à avoir des individus et des entreprises qui nous sollicitent pour des problématiques qu’ils ou elles sont susceptibles de rencontrer demain". Cette évolution résulte en fait de la loi Sapin II de 2016, qui incite les entreprises à une meilleure politique anti-corruption, de conformité (compliance) puis de lanceurs d’alerte. "De là, nous avons commencé à voir des personnes, physiques ou morales, vouloir être accompagnées, dans le cadre de leur programme de compliance, lorsqu’elles ont identifié potentiellement des risques pénaux et qu’elles veulent les éviter".
Pour s’adapter à ces évolutions, l’avocat mise sur la curiosité qu’il cultive depuis longtemps. C’est d’ailleurs tant grâce à la lecture des grands auteurs juridiques comme Robert Badinter et Jean-Denis Bredin qu'à l’activité de son père qu'il a eu envie de faire ce métier. Il apprécie aussi les ouvrages historiques, comme les mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, dont il vient de terminer la lecture.
A cela s’ajoute un goût prononcé pour les cultures juridiques différentes. Côtoyant déjà de nombreux internationaux durant son master, Antoine Maisonneuve a conservé des liens avec cette ouverture internationale par deux associations, l’Association des Juristes Franco-Britanniques et Paris Bar Inns of Court Exchange Alumni. Grâce à cette dernière organisation, il participe chaque année à l’accueil de barristers britanniques chaque année en France. De quoi l’enrichir pour ses travaux : "cela nous force à prendre ce qu’il peut y avoir de bon" conclut-il.
Cette évolution a d’ailleurs été validée, en quelque sorte, par la situation sanitaire ; confrontées à un climat anxiogène, les entreprises ont dû se pencher sur la manière de faire travailler leurs salariés dans les meilleures conditions, ce qui s’avère être "à la fois lié à certains décisions récentes en droit pénal social et le prolongement des quatre années écoulées depuis la loi Sapin 2, durant lesquelles on a incité certaines structures à se pencher sur la politique de compliance et de prévention ".
Aussi, Antoine Maisonneuve porte-t-il un regard lucide sur l’évolution de son activité. "Au-delà de notre activité devant les juridictions pénales et les autorités régulatrices, nous serons certainement davantage sollicités par nos clients en amont des contentieux, dans une optique de prévention". Le cabinet familial a anticipé cela : il a recruté Bérénice de Warrel l’an dernier pour les aider dans ce sens. Finalement, le confinement n’aura pas été mauvais pour Antoine Maisonneuve : son cabinet aura a vu sa stratégie validée par la crise et les évolutions qu’elle provoque, et d'un point de vue personnel, il est devenu père pour la première fois le lendemain du déconfinement. Indéniablement, il s’inscrit dans l’avenir.
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