Feuilleton de l'été / Cabinet d'avocats
Feuilleton de l'été
Cabinet d'avocats
Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après – Benjamin de Blegiers
"En écoutant mon intuition, cela a plutôt bien fonctionné ". Ce qui résonne comme un jugement a postériori dans la bouche de Benjamin de Blegiers sonne comme une litote pour les oreilles de son interlocuteur. Car passer de stagiaire à associé au sein du même cabinet, sans oublier de réussir le barreau, reste un exploit. C’est en 1999 à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas que l’histoire débute. Benjamin de Blegiers choisit en effet le droit après le lycée : bien qu’il compte parmi ses ancêtres des juristes, "cela relevait plus de l’intuition que d’une véritable vocation ". Bon élève au lycée sans être pleinement investit dans la chose scolaire, il se découvre alors une véritable passion pour la matière juridique et finit tous les ans dans les premiers de la faculté.
Alors qu’il hésite entre le professorat et le métier d’avocat, c’est sans doute un stage durant son DESS de droits des affaires et fiscalité qui le pousse définitivement vers la seconde voie. Il intègre le cabinet Clifford Chance pour quelques mois, à l’origine en tant que stagiaire, puis reste comme juriste alors même qu’il entame son année de formation au barreau, concours qu’il avait obtenu dès la fin de sa quatrième année. Les études de droit, souvent qualifiées de très difficiles par les étudiants, Benjamin de Blegiers ne les a donc pas mal vécues : "j’ai beaucoup aimé et j’ai beaucoup travaillé ". De manière plus générale, il précise avoir "toujours travaillé depuis mes 16 ans. Pendant mes études, j’ai notamment été barman à Londres. Grâce à ces expériences, j’ai très vite pris conscience qu’on n’obtient rien sans travailler. Et qu’en travaillant, on arrive à tout". Cette faculté à apprécier la tâche n’est sans doute pas étrangère à son évolution rapide au sein de Clifford Chance. Après le stage et le poste de juriste, et à son retour du bureau de Londres de Clifford Chance où il a travaillé un an, le jeune avocat travaille sur des opérations de financement dans le secteur des infrastructures depuis le début de ce marché porté par l'adoption des ordonnances PPP 2005-2006. C'est d’ailleurs dans ce domaine qu’il devient associé à 33 ans.
L’avocat, qui flaire ensuite l’avenir du marché secondaire des infrastructures, change alors de domaine et s’occupe des opérations de M&A dans le secteur des infrastructures et de l’énergie. "J’apprécie le côté concret du secteur qui repose sur de véritables actifs. J’ai ainsi pu travailler sur des projets comme le refinancement du viaduc de Millau ou sur celui du nouveau palais de Justice de Paris. C’est gratifiant de se dire qu’on a participé, à son niveau, à la création de ces ouvrages emblématiques qui bénéficient à l’ensemble de la collectivité. C’est une façon d’incarner notre travail au quotidien et pour le passionné d’architecture et de design que je suis, travailler sur les réalisations de Norman Foster ou rencontrer Renzo Piano est assez enthousiasmant".
De cette ascension fulgurante, Benjamin de Blegiers garde un très bon souvenir de "son premier cabinet". Pourtant, "je suis un homme de défis. Je me suis toujours imposé la rigueur et le travail nécessaires pour atteindre les objectifs que je me suis fixés tout au long de ma carrière. Pour continuer à avancer, j’ai régulièrement besoin de relever de nouveaux challenge".
C’est pourquoi il décide de rejoindre Weil, Gotshal & Manges LLP l’an dernier. "Au-delà de la compétence professionnelle largement reconnue de l’équipe que j’allais rejoindre, j’ai été séduit par le côté très entrepreneurial de ce cabinet". Cet aspect entrepreneurial rejoint d’ailleurs la recherche de liberté de l’avocat. Or c’est la matière juridique elle-même qui offre ce sentiment pour Benjamin de Blegiers : "la connaissance du droit nous dote d’une boite à outils unique pour continuer à avancer tout au long de notre carrière. Elle nous permet d’explorer en permanence de nouveaux domaines, en nous appuyant sur les mêmes outils mais de manière différente. Elle offre une formidable liberté aux avocats". En poste depuis un peu plus d’un an chez Weil, Gotshal & Manges LLP, il apprécie aussi la relation avec le client, plus prégnante que dans son ancien cabinet, et souhaite participer pleinement à l’affirmation de son équipe comme une des meilleures de son domaine.
En attendant, il profite de ses deux filles et de sa femme, avec qui il a partagé le confinement en Normandie. Même si son métier lui prend beaucoup de temps et reste abstrait pour celles-ci, il apprécie le temps de qualité passé avec sa famille. Il voit d’ailleurs l’avenir en passant plus de moments auprès de ses filles et sa femme, qui vient de reprendre une entreprise en liquidation dans le domaine artistique. Construire et reconstruire, domaine que Benjamin de Blegiers n’est pas prêt d’arrêter, en somme.
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