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Le trafic aérien de juillet confirme les craintes d’ADP
Crise sanitaire oblige, le trafic aérien subit depuis plusieurs mois une véritable hécatombe. En avril, le groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), concessionnaire de 24 aéroports dans le monde dont ceux de Roissy-CDG et Orly, avait vu son trafic aérien diminuer de 99% par rapport à avril 2019. Le déconfinement n’avait d’ailleurs pas tout réglé puisque le mois de mai comptait encore 98% de trafic aérien en moins sur un an, les aéroports de Paris n’ayant d’ailleurs accueilli que 200 000 passagers sur la période. Juin devait commencer une lente dynamique de progression, avec une baisse de 87,9% sur un an. Dynamique que l’on pouvait espérer plus forte en juillet, grâce aux habituelles vacances d’été et la levée des mesures de restriction aux mouvements aux frontières de nombreux pays.
Finalement, en juillet, le trafic total du groupe ADP s’élève à 22,7 % de ce qu’il était en juillet 2019, soit une baisse de 77,3 %. L’amélioration est notamment tirée par de meilleurs chiffres concernant le trafic en France. Il passe d’une décroissance de 84,4 % en juin à une décroissance de 55,2 % en juillet sur un an. L’appel au tourisme dans l’Hexagone semble donc avoir été entendu. Concernant les échanges internationaux, l’amélioration est plus mesurée à mesure que l’on s’éloigne de Paris. Le trafic Europe (hors France) est en juillet en diminution de 76,2 %, contre -95 % en juin ; il baisse de 85 % en juillet à l’échelle internationale, contre -94,5 % en juin.
Quelles conséquences économiques ?
Aussi, les conséquences économiques de tels chiffres sont significatives. Or, le gestionnaire d’aéroports avait prévu cette évolution lente et progressive durant les résultats de son premier semestre 2020. En annonçant de nouvelles orientations stratégiques, comme la diminution par deux des investissements, et en repoussant à une date inconnue la privatisation des aéroports parisiens, le groupe dirigé par Augustin de Romanet semble donc avoir choisi la bonne route. D’autant plus que le groupe annonçait prévoir une baisse de 63 % du trafic dans ses hypothèses et que ADP a précisé hier que "depuis le début de l’année, le trafic du groupe ADP est en baisse de 61,3 % avec un total de 54,2 millions de passagers accueillis ".
Si la stratégie est pour le moment validée par les chiffres de juillet, il faudra attendre encore quelques mois pour la jauger complètement. En effet, une négociation salariale devrait prendre place en septembre pour alléger les coûts du groupe à travers des accords de performance collective, des ruptures conventionnelles et l’activité partielle de longue durée. Les compromis avec les salariés risquent d’être difficiles à trouver dans le contexte actuel, laissant envisager le pire, comme des grèves qui finirait de fragiliser le gestionnaire. Le plus inquiétant reste toutefois la reprise du trafic. Comme le soulignait déjà le directeur général adjoint Philippe Pascal lors des résultats, l'un des trois leviers de la reprise n’est d’autre que "la confiance du passager dans la situation sanitaire et l’ouverture des frontières ". Or, l’imposition récente d’une quatorzaine pour les individus venant de France qui atterrissent en Angleterre, ou encore les chiffres des contaminations récentes, qui font craindre la fermeture des frontières (ou du moins de nouvelles contraintes et la reprise de l’épidémie) ne vont clairement pas dans le bon sens.
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