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Marchés US : une bulle qui n’en finit pas de gonfler

Mardi, l’indice S&P 500 a clôturé à un nouveau plus haut historique, porté par les valeurs tech. Les investisseurs anticipent un accord sur un nouveau programme de relance, qui est encore loin d’être une réalité, et surtout font preuve d’une euphorie coupable face à la pandémie et ses effets sur l’économie.
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis

Le marché a toujours raison, mais pas raison tous les jours, comme se plaisait à le rappeler Jean-Marie Messier, et cela est encore moins le cas au cœur de la trêve estivale. Mardi, le S&P 500 a pulvérisé un nouveau record historique, et clôturé en hausse de 0,23 % à 3389 points. Après une brève période de correction au cœur de la pandémie, le marché américain aura attendu à peine 123 séances pour dépasser le précédent point haut, qui datait de février dernier. Soit la phase de reprise la plus rapide de l’histoire, qui était elle-même consécutive à la plus longue phase d’expansion des marchés de l’histoire. A ce stade, le S&P 500 est en hausse de 5 % sur l’année.

Cette expansion a été alimentée par la liquidité apportée par la Fed bien sûr, qui a nourri le rebond de la tech. Les mastodontes que sont les Gafa ont ainsi profité à plein de cette période : Amazon a vu son titre bondir de 80 %, et Apple de 54 %. Mais aussi le rebond de valeurs de l’énergie, durement impactées pendant la crise : le cours de la compagnie pétrolière Halliburton a ainsi plus que triplé depuis son point bas de mars dernier, même si elle reste en baisse de 33 % sur l’année.

Après une difficile période de confinement généralisé qui a causé un krach boursier majeur, les investisseurs ont choisi la politique des œillères - ou de l’autruche, c’est selon - ne prenant en compte que les informations les plus optimistes. Depuis plusieurs mois donc, les marchés américains bondissent à la moindre rumeur sur l’avancée d’un laboratoire vers un vaccin contre le coronavirus, de nouvelles mesures de relance économique, même si elles sont encore loin d’être votées. Mardi, le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin a encore déploré le manque de volonté des Démocrates pour voter un "accord raisonnable" sur un plan de stimulation de l’économie, qui a reculé de 33 % - un niveau historique - au deuxième trimestre.

Outre un optimisme béat, étonnant à l’heure où de nombreux pays subissent une résurgence de cas et doivent refermer leurs frontières comme en Europe, les investisseurs ont fait preuve de la plus grande irrationalité. Ainsi lorsque le titre Hertz, le groupe de location de voiture en banqueroute, a bondi lorsqu’il a indiqué vouloir lever des capitaux, au mépris de la réglementation boursière. Une euphorie qui se manifeste aussi chez le constructeur de voitures électriques Tesla, dont le cours a été multiplié par plus de 4 depuis le début de l’année, plaçant Elon Musk à la quatrième place des plus grandes fortunes mondiales, devant Bernard Arnault, à 84,8 milliards de dollars.

Cette complaisance coupable, alors que les pays affichent les pires récessions de leur histoire au deuxième trimestre et que les entreprises ont publié des résultats semestriels très dégradés, peut-elle durer ? Selon FactSet, le S&P 500 s’échange à 22,6 fois les profits attendus, en raison de la baisse des profits en vue en 2020, et même 26 fois dans la tech. La dernière fois que l’indice avait atteint de tels multiples, c’était en 2000, juste avant… l’explosion de la bulle Internet.

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