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Les milliards perdus de l'automobile
L’industrie automobile était déjà en difficulté depuis plusieurs années, souffrant du retournement de la demande sur certains marchés, et de l'alourdissement des réglementations. Mais la pandémie et ses conséquences économiques n’ont fait qu’empirer la situation. Le confinement opéré dans la plupart des pays et la situation économique des ménages dégradée par la crise et le chômage, qui en ont amené plus d’un à différer ses achats, a réduit à néant la demande pendant plus de deux mois, voire plus. Parallèlement, la fermeture des frontières a perturbé toute la chaîne de valeurs, de la conception à la vente en passant par la fabrication, paralysant l’offre.
Ces graves répercussions sur l’industrie automobile mondiale ont, d’après des chiffres présentés par BuyShares, provoqué une chute importante des capitalisations boursières des constructeurs automobiles, en particulier des cinq leaders mondiaux : Volkswagen, Toyota, Daimler, Ford et General Motors. Leur valeur totale a chuté de 63 milliards de dollars, passant de 426,5 milliards de dollars en décembre 2019 à 363,5 milliards de dollars la semaine dernière.
Le plus gros constructeur des cinq, Volkswagen, bien que limitant les effets de la pandémie, a vu son chiffre d’affaires diminuer de 23,2 % sur le premier semestre, pour atteindre 96,1 milliards d’euros. Cette dégradation a été marquée par la baisse significative de 27,4 % des livraisons en glissement annuel, soit 3,9 millions de véhicules. Sa propre capitalisation boursière a elle chuté de 17,7 milliards de dollars, tombant à 69,9 milliards la semaine dernière. Toyota, deuxième constructeur mondial et plus grosse capitalisation boursière du secteur, a perdu 15,4 milliards de dollars, passant à 169,9 milliards. C’est au deuxième trimestre que le coup de grâce a été porté au groupe, avec une réduction de moitié des ventes, présentant le plus petit bénéfice trimestriel en neuf ans et un bénéfice d’exploitation qui a chuté de 98 %. Le troisième, Daimler, qui d’ailleurs est en train de payer les frais du dieselgate aux États-Unis, a connu une chute vertigineuse de sa valeur boursière de 9,1 milliards de dollars depuis décembre 2019, pour atteindre 43,7 milliards la semaine dernière. Le chiffre d’affaires a lui plongé de 29 % au deuxième trimestre pour atteindre 30,2 milliards d’euros. Une chute qui s’est caractérisée par une baisse des ventes de 34 %.
Enfin les pertes les plus lourdes concernent les deux constructeurs américains Ford et General Motors, quatrième et cinquième sur la liste, dont la capitalisation boursière globale a chuté de 20,8 milliards de dollars depuis l’apparition du coronavirus (baisse de 10,4 milliards chacun). La pandémie a été un gros coup dur pour Ford en particulier, alors qu'il était en plein milieu d’un plan de restructuration de 11 milliards de dollars, visant à mieux contrôler ses coûts et renouveler ses gammes (notamment avec le pick-up Bronco). Toutefois, en dépit de fermetures d'usines de plus de six semaines au cours du second semestre, le constructeur est parvenu à limiter la casse avec un chiffre d'affaire en recul de seulement 32% à 53,7 milliards de dollars.
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