Feuilleton de l'été
Feuilleton de l'été
Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après – Guilhem De Vregille
Il faut parfois savoir apprécier le mauvais temps en plein été. Tel est le cas du portrait de Guilhem de Vregille qui, de retour de trail et de randonnée dans les sommets alpestres, a dû retourner travailler à Paris en raison des grosses gouttes qui menaçaient les sommets. Profitons-en donc pour discuter avec lui, avant qu’il ne reparte samedi pour des courses glacières dans le massif du Mont Blanc. Et courir, il ne le fait pas que dans la montagne. A tout juste 32 ans, Guilhem de Vregille est devenu associé du fonds de private equity XAnge, la marque innovation du groupe Siparex, et est en charge d’une dizaine d’investissements.
Pourtant, c’est d’abord en tant qu’ingénieur qu’il s’était imaginé. Il quitte la douceur angevine de sa jeunesse pour rejoindre les arts et métiers de Lyon à l’ECAM. "Je crois que je suis entré en école d’ingénieur tout naturellement car j'avais un profil plus scientifique que littéraire" comme il résume. A la suite de quoi il intègre Integra LifeSciences, une biotech américaine, chez qui il travaille un an en tant que responsable des thématiques digitales. "J'ai beaucoup apprécié ce que je faisais, mais cela restait très scientifique. Il n’y avait pas assez de diversité pour moi", conclut-il. Retour à l’école pour celui qui souhaite découvrir la finance, plus précisément à l’EM Lyon pour entamer un master d’ingénierie financière.
Après cette première expérience, Guilhem de Vregille semble avoir pris le bon chemin : "j'ai trouvé d'autres terrains d'expression avec la finance." Il réalise son stage de fin d’étude chez XAnge, fonds de capital-risque et capital développement qui appartenait encore à la Banque Postale et a depuis été racheté en 2015 pour devenir la marque innovation de Siparex. XAnge, qui travaille spécifiquement dans les domaines du digital, des hards-techs et de l’impact investing, est "au croisement de ces trois mondes que sont la finance, l’entreprenariat et la technologie".
Cette diversité de rôles semble essentiel à Guilhem de Vregille : "dans le métier du venture on développe un large spectre de compétences : humaines, juridiques, financieres, scientifiques, etc. " Son évolution au sein du fonds témoigne déjà de sa montée en compétence : rentré comme stagiaire, il devient chargé d’affaires puis directeur des investissements avant d’être nommé associé, à 32 ans seulement. "J’ai eu une évolution plutôt fluide et rapide, j’ai su saisir les opportunités".
Concrètement, l’associé travaille à déceler les jeunes pétris de talents et à les accompagner dans leur développement. Il ne cache toutefois pas "son tropisme assez spécifique pour la deep tech ". Il s’agit des start-up basée sur des innovations de rupture censées résoudre des grands défis à l’aide de nouvelles techniques. Et cela l'enthousiasme : "il y a de bonnes raisons d’être passionné, on est assis aux cotés d' entrepreneurs qui construisent une part de demain" vous répond l’ancien ingénieur. C’est par exemple le cas d’Aerospacelab, une jeune pousse belge qui travaille à envoyer une constellation de satellites à haute précision dans l’espace, pour qui XAnge a été lead investor de la tour de table ayant permis de lever 11 millions d’euros. Ou bien Treefrog Therapeutics, une société spécialisée dans la production de cellules souches, dans laquelle 3,5 millions d’euros ont été investis par le fonds. Indéniablement, Guilhem de Vregille a trouvé la diversité qu’il recherchait.
Jeune, il a pourtant la clairvoyance de porter un regard lucide sur l’évolution de son domaine : "l’avantage c’est que l’on n’a jamais fini d’apprendre. On passe notre temps à renouveler notre métier. Par exemple, avant les start-up venaient à nous, désormais c’est à nous d’aller chercher les meilleures." En outre, "c’est un métier que l’on peut faire sur le long terme." Plus précisément, il anticipe deux évolutions. D’abord, le venture a de beaux jours devant lui car "dans la course à l'innovation qui s’installe, c’est une des étapes clés qui permet de faire émerger de nouvelles technologies ". Ensuite, c’est du côté du secteur médical que les plus grandes avancées devraient avoir lieu. Et à sa manière Guilhem de Vregille compte participer au monde de demain.
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