WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

IPO d’Airbnb : vitesse ou précipitation ?

Le groupe de location de logements entre particuliers a enregistré son document de base à la Sec. Lourdement impactée par la crise du coronavirus, la licorne américaine espère tirer parti du rebond des réservations et de l’emballement des marchés pour boucler cette opération d'ici à l'entrée d'un nouveau président.
Airbnb - Brian Chesky
Airbnb - Brian Chesky

Un revirement de situation en un temps record. Début mai, fortement affecté par les mesures de confinement partout dans le monde, Airbnb devait se séparer de 25 % de ses salariés. Mercredi, la plateforme de location de logements entre particuliers a annoncé avoir enregistré son document de base auprès de la Sec, le gendarme boursier américain, pour une introduction en Bourse (IPO). Elle a choisi la procédure confidentielle, ce qui lui permet de ne pas publier l’ensemble de ses données financières immédiatement. En outre, la start-up de la Silicon Valley compte lancer une IPO classique et non une cotation directe, comme est en train de le faire Palantir Technologies, la start-up de données et de big data contrôlée par Peter Thiel – le cofondateur de Paypal avec Elon Musk. Le CEO d'Airbnb, Brian Chesky, a même indiqué avoir été approché pour entrer sur les marchés via une fusion avec un SPAC, une coquille vide cotée en Bourse, une méthode alternative d’IPO qui a le vent en poupe ces derniers mois. Selon Reuters, Airbnb pourrait entrer en Bourse d’ici la fin de l’année, soit avant l’entrée en fonction du prochain président américain.

Un tel scénario était encore inimaginable au printemps dernier, car si Airbnb travaillait déjà sur ce projet d’IPO et comptait s’enregistrer auprès de la Sec en mars, la propagation de la pandémie a eu raison de l’essentiel de l’activité en quelques semaines seulement. Le groupe cofondé et dirigé par Brian Chesky a dû lever 2 milliards de dollars en deux tours en avril dernier, bouclés en urgence pour ne pas se retrouver à court de liquidités et pour lesquels il a dû faire des concessions sur sa valorisation. Ainsi, alors que sa dernière levée de fonds de 2017 s’est faite à une valorisation de 31 milliards de dollars et qu’il avait évoqué un chiffre de 26 milliards lors de sa dernière évaluation interne début mars, il a émis des options convertibles à un prix de 18 milliards. Et a dû se résoudre à se séparer de 1.900 employés pour réduire ses coûts.

Depuis, Airbnb a vu ses réservations rebondir, mais l’absence totale de voyages d’affaires pèse sur les données, avec une chute de 30 % des séjours sur un an en mai. Les résultats sont encore peu réjouissants : ses revenus ont chuté de 67 % sur un an au deuxième trimestre à 335 millions de dollars, et même contre 842 millions au premier trimestre, et une perte d’Ebitda de 400 millions. Et ses revenus pourraient chuter de 50 % cette année.

Pourquoi donc accélérer vers une IPO aujourd’hui ? Plusieurs raisons expliquent cet empressement : d’une part, monétiser les parts des fonds de capital-risque de la première heure et des employés dont les stock options vont arriver à échéance. Mais aussi profiter du rallye impressionnant des marchés américains, portés par la tech et qui ont rebondi avec une rapidité historique depuis la correction du printemps. Le S&P 500 affiche un nouveau record historique et Apple a passé la barre des 2.000 milliards de dollars de capitalisation, grâce aux liquidités déversées par la Banque centrale américaine, ce qui est favorable à l’entrée d’une nouvelle licorne tech. Vitesse ou précipitation ? Quoi qu’il en soit, Brian Chesky ne met pas en application les conseils que lui avait prodigué Warren Buffett : "deviens riche lentement".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article