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SNCF, Eurostar, transport ferroviaire, trains

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La SNCF perd le patron d’Eurostar

Mike Cooper quitte la filiale en pleine tourmente pour diriger Arriba, filiale de Deutsche Bahn.
Eurostar - Brexit
Eurostar - Brexit

La libéralisation du transport de passagers en Europe provoque un inévitable mercato. Et dans ce domaine, on n’hésite pas à profiter du malheur des autres. Eurostar, filiale de la SNCF dont l’activité est frappée de plein fouet par la crise sanitaire et le douloureux processus du Brexit, vient de se faire prendre son patron par sa grande rivale Deutsche Bahn.

Arriva, filiale de la compagnie allemande, a en effet annoncé l’arrivée de Mike Cooper début octobre en qualité de directeur général ; il remplacera Manfred Rudhart, démissionnaire après cinq ans à ce poste. Basée au Royaume-Uni, Arriva opère le transport de passagers en dehors d’Allemagne pour le compte de Deutsche Bahn, dans 14 pays.

Il s’agit d’un retour aux sources pour Mike Cooper, qui avait auparavant travaillé chez Arriva entre 2005 et 2014, avant de devenir directeur général de Yodel puis d’Eurostar en mars 2018. Sa mission : "reconquérir la confiance des passagers dans le transport public", comme l’explique Levin Holle, directeur financier de Deutsche Bahn et président du conseil d’administration d’Arriva. Si ce n’est pas dit officiellement, il devra également s’atteler à l’endettement colossal de l’opérateur, qui atteint le milliard d’euros. Une situation financière, ajoutée aux incertitudes liées au Brexit, qui avait empêché Deutsche Bahn de vendre Arriva en 2019 : la compagnie allemande en réclamait près de quatre milliards d’euros, avant de renoncer faute d’offres suffisantes à ses yeux.

De son côté, la SNCF fait bonne figure : elle a "pris acte de cette décision" et affirme que les actionnaires d’Eurostar (la compagnie française à hauteur de 55%, la Caisse de Dépôt et Placement du Québec et Hermes GPE à 40%, enfin la SNCB belge à 5%) "ont d’ores et déjà identifié un successeur" qui sera officiellement nommé à l’occasion du prochain conseil d’administration d’Eurostar dans les jours qui viennent.

Quand bien même, ce départ au milieu de la tempête tombe mal pour Eurostar. En raison des mesures de confinement décidées au plus fort de la pandémie, le trafic des TGV Eurostar a plongé de 62% au premier semestre. Pour ne rien arranger, la nouvelle quarantaine imposée par le gouvernement britannique aux voyageurs venus de France, de Belgique et des Pays-Bas a obligé Eurostar à réduire de moitié son plan de transport. En outre, cette instabilité n’est pas opportune alors que la SNCF s’apprête à vivre un nouveau bouleversement avec la libéralisation progressive du transport ferroviaire des voyages en France.

Cela fait deux dirigeants que le groupe SNCF perd en deux mois. Début juin dernier, la compagnie française avait poussé dehors Patrick Jeantet, le PDG de Keolis, son opérateur de transports publics (bus, métros, tramways, cars, vélos en location, parkings… à travers le monde), pour cause de "divergences stratégiques importantes", mais aussi probablement de rapports personnels difficiles avec ses équipes, alors qu’il était arrivé le… 1er février. Filiale à 70% de la SNCF et à 30% de la CDPQ, Keolis fait office de pilier pour l’entreprise publique française. Ses revenus n’ont reculé "que" de 12% au premier semestre, contre -37% pour SNCF Voyageurs.

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