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Entreprises / Actions

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Dataiku : une licorne américaine, un pigeon français ?

La start-up d’origine française a levé lundi 100 millions de dollars lors d’une série D. En décembre 2019, un investissement du fonds « growth » d’Alphabet l’avait valorisée 1,4 milliard d’euros, lui conférant le statut de licorne.
Licorne
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Les crises ont cela d’intéressant qu’elles s’avèrent bien souvent être des accélérateurs de changements structurels. Et dans le cas de la crise de la Covid-19 et de ses conséquences économiques et sociales, c’est le rôle du numérique qui s’affirme comme central dans "le monde de demain". Au-delà des déclarations, on peut le voir du côté des financements. Ainsi, la start-up Dataiku, plateforme mondiale d’intelligence artificielle et de machine learning destinée aux entreprises, a annoncé ce lundi avoir levé 100 millions de dollars. Et comme le souligne Florian Douetteau, cofondateurs et PDG, "dans un marché commercial mondial secoué par les changements apportés par 2020, l'intelligence artificielle s'est avérée être un élément essentiel du succès organisationnel, moteur de la croissance des entreprises sur tous les grands marchés verticaux".

Cette quatrième levée de fonds a été menée par Stripes, avec un investissement majeur de Tiger Global Management, ainsi que la participation d’investisseurs déjà présents dans le capital comme Battery Ventures, CapitalG, Dawn Capital, FirstMark Capital, ou encore ICONIQ. Elle fait suite à une série C bouclée en décembre 2018 à hauteur de 101 millions de dollars, mais surtout, en décembre 2019, à une opération de rachat d’une partie des parts détenues par le fonds français Serena (qui avait à un tour précédent) par Capital G, le fonds d’investissement d’Alphabet (Google). Cette opération avait abouti à une valorisation de Dataiku de 1,4 milliard d’euros. Désormais forte de ses plus de 300 clients et 400 collaborateurs, la start-up jouit d’une belle réussite.

Une origine tricolore, une réussite américaine

Si deux de ses quatre cofondateurs ont quitté l’entreprise de solutions de logicielle française Exalead (dont le principal actionnaire n’était d’autre que Dassault Systèmes) pour créer Dataiku en 2013 à Paris, le siège social se trouve aux États-Unis. Car historiquement, et même dans les mondes fantastiques créés par les auteurs ou les réalisateurs, les licornes ne broutent pas en France. Si quelques spécimens sont apparus ces dernières années dans l'Hexagone sous le profil des start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars, Dataiku ne fait pas parti de ce troupeau. Pourtant fondée en France, c’est donc à New York que le spécialiste du "data" a décidé de s’installer tout en conservant son plus gros bureau à Paris.

Mais la stratégie de Dataiku n’est pas sans lien avec l’Hexagone. Comme le résumait Florian Douetteau, l’idée "pourrait être en fonction de l’origine. Etant français, nous sommes paresseux et voulons faire le moins possible". Car l’idée se distingue de tous les concurrents sur le marché : Dataiku propose de se concentrer sur les résultats de l’analyse de "data" et non sur le processus, rendant ainsi l’accès à ces données disponible pour tous. Peu importe le secteur, l’analyse de données devient possible à tous les échelons au sein de l’entreprise, et collaborative. Et la stratégie fonctionne. Pour Evgenia Plotnikova de Dawn Capital, "le marché a continué à valider l'approche collaborative de Dataiku comme le meilleur moyen de récolter les avantages de l'IA dans toute organisation. Et l'agilité grâce à l'IA n'a jamais connu une telle importance dans l'entreprise ".

Si bien qu’en 2018, le PDG envisageait une entrée en Bourse "d’ici deux ou trois ans". Après être devenue une licorne, Dataiku pourrait bien terminer son évolution outre-Atlantique, la ramenant définitivement aux yeux français à cette image de pigeon, du nom de ces entreprises françaises ayant quitté le territoire à force des politiques économiques anti-entreprises. Un peu moins séduisant donc. Et surtout un exemple de ces poulains français qui ont eu besoin de partir pour se développer fantastiquement.

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