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Bruno Le Maire veut distribuer des prêts participatifs

Politique économique

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coronavirus Bruno Le Maire veut distribuer des prêts participatifs

CORONAVIRUS. Dans une longue interview accordée aux Échos ce matin, Bruno Le Maire reconnaît que de nombreuses entreprises ne pourront pas rembourser leur PGE. Et il envisage désormais que l’état intervienne en quasi-fonds propres en distribuant 10 à 15 milliards de prêts participatifs.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

Le Ministre de l’Économie, des finances et surtout de la relance fait sa rentrée ce matin à travers une longue et intéressante interview dans les Échos. Une interview d’où transparaît un sentiment très mitigé sur l’état actuel de la conjoncture. À tel point que le locataire de Bercy ne veut pas s’engager sur les chiffres de la récession qui seront retenus pour construire la loi de finances pour 2021, alors que celle-ci sera rendue publique dans moins d’un mois.

Mais son sentiment le plus pessimiste, il le réserve pour la capacité des entreprises à rembourser à partir du printemps prochain les prêts garantis par l’État. Il rappelle que 95 % des PGE ont été souscrits par des TPE et des PME, moins armées que des grands groupes pour faire face à la baisse de l’activité. Et pour la première fois il reconnaît que "beaucoup ne seront pas en mesure de rembourser leur PGE au bout d’un an, en mars ou en avril 2021". Ce qui l’oblige d’ores et déjà à négocier avec les banques un taux acceptable pour la transformation de ces prêts remboursables au bout d’un an en prêts amortissables. La corporation bancaire souhaite un taux compris entre 3 et 5 %. Le Ministre pense plutôt à un taux compris entre 1 et 3 %. Il faut tout de même que les banques qui vont voir leur coût du risque augmenter aient des revenus suffisants pour absorber cette charge. Un taux de 3 % ne serait donc pas insensé.

Outre ce constat sur l’alourdissement du passif des petites entreprises, Bruno Le Maire va plus loin et envisage désormais la distribution de prêts participatifs pour un montant compris entre 10 et 15 milliards d’euros avec une garantie de l’état de 3 milliards d’euros. Comptablement il s’agira de quasi-fonds propres. Même si ces prêts participatifs sont évidemment assortis d’un taux. En revanche le ministre veut apposer deux conditions pour l’obtention de ces prêts d’une durée d’au moins 7 ans. D’une part que les entreprises concernées s’engagent en matière de transition écologique et d’autre part qu’elles affichent une bonne gouvernance. Curieuses conditions. C’est un peu comme si aux passagers du Titanic voulant rejoindre les canots de sauvetage on demandait s’ils avaient une cravate ou un smoking et s’ils savaient nager.

Qui trop embrasse mal étreint. Et en voulant être plus royaliste que le roi, et plus écologiste que le Chef de l’État, Bruno Le Maire risque de manquer l’objectif de ces prêts participatifs qui sont pourtant une bonne idée. Même si cela fait maintenant près de six mois que l’Allemagne accorde à ses entreprises petites, moyennes, ou grandes, des subventions non remboursables, de manière à ne pas les faire couler avec un boulet attaché aux pieds. "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée" déclamait Danton. Bruno Le Maire n’est pas un révolutionnaire mais il lui faut tout de même faire preuve d’audace pour que la relance soit au rendez-vous. Et cela ne transparaît pas vraiment dans cette grande interview de rentrée.

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