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Schneider enfonce le clou dans les logiciels
Schneider Electric confirme que la crise ne le fera pas dévier du chemin qu’il s’est tracé. Après avoir bouclé l’OPA sur l’allemand RIB Software fin avril pour 1,4 milliard d’euros, le spécialiste français de l’équipement électrique réalise une autre acquisition encore plus significative : sa filiale britannique Aveva Group a annoncé l’acquisition d’OSIsoft, un éditeur américain de logiciels industriels, pour 5 milliards de dollars (soit 4,2 milliards d’euros). Aveva recouvre la même activité et le nouvel ensemble cumulera 1,2 milliard de livres de chiffre d’affaires (1,3 milliard d’euros). OSIsoft, spécialisé dans l’analyse de données pour améliorer les procédés industriels, la consommation d’énergie et la sécurité des usines, a réalisé 466 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2019. "Son système d’information en usine (Plant Information System) est considéré comme l’un des meilleurs parmi les solutions d’infrastructures de données pour gérer les données et les événements en temps réel", soulignent les analystes d’UBS.
À travers cette acquisition, qu’il espère boucler à la fin de l’année, Schneider poursuit son développement dans la numérisation de l’industrie, qu’il a identifié comme l’un de ses relais de croissance, de la conception à la gestion. Ce qui est le cas avec OSIsoft, puisque ce "joyau", comme l’a appelé le PDG de Schneider Jean-Pascal Tricoire en conférence téléphonique ce matin, a réalisé une croissance moyenne à deux chiffres au cours des 10 dernières années, et affichait une marge d’exploitation proche de 26% en 2019.
L’acquisition confirme également la logique des choix stratégiques de Schneider dans les logiciels industriels : en 2014, il réalisait l’acquisition de l’allemand Invensys, puis quatre ans plus tard, il apportait l’ensemble de ses activités de logiciels industriels avec Aveva contre une participation de 60,2% au capital du Britannique – une croissance qui a notamment permis à ce dernier d’intégrer l’indice phare de la Bourse de Londres, le FTSE 100.
En outre, d’un point de vue comptable, l’acquisition aura un effet relutif sur les bénéfices d’Aveva à partir de 2022, OSIsoft étant plus rentable que son prétendant.
La transaction sera payée essentiellement en numéraire et minoritairement par l’émission d’actions nouvelles (pour 600 millions de dollars). La partie en numéraire sera financée à hauteur de 3,5 milliards de dollars à travers une augmentation de capital (qui sera souscrite par Schneider au prorata de sa participation, soit 2,1 milliards) et pour 900 millions via le recours à de la trésorerie et de la dette : le propriétaire d’OSIsoft, Patrick Kennedy, deviendra à ce titre entre 4 et 5% du capital d’Aveva, tandis que la part de Schneider dans sa filiale sera diluée de 60,2% à 57%. Seule conséquence financière immédiate pour Schneider, le groupe va suspendre son programme de rachat d’actions pour les 9 prochains mois. "Nous restons attachés à notre qualité de notation ‘investissement’ et à notre politique de dividende et nous ne renonçons pas à notre objectif de génération de trésorerie de trois milliards d’euros par an. Malgré la suspension des rachats d’actions, nous sommes confiants dans notre capacité à rester fidèles à la ligne directrice que nous nous sommes fixée ", indique Jean-Pascal Tricoire.
Le marché a salué l’opération, l’action Aveva s’adjugeant plus de 6% en milieu d’après-midi à Londres, tandis que Schneider progressait de près de 1,5% au même moment.
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