Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
Courtepaille : quatre candidats, les enchères commencent
Après l’habillement – Camaïeu, Naf Naf, Célio placé en procédure de sauvegarde, André -, voici le prochain secteur à subir une vague de procédures judiciaires : la restauration. Et le plus gros dossier du moment est celui de Courtepaille, tombé en cessation de paiement et en redressement judiciaire fin juillet. Ce lundi était la date butoir pour remettre les offres de reprise au tribunal de commerce d’Evry, et quatre candidats sont officiellement sortis du bois. Il s’agit de Groupe Bertrand (le mastodonte français du secteur qui détient Burger King France, Angelina, les brasseries Lipp, Hippopotamus, etc.), de Buffalo Grill accompagné par le fonds TDR Capital, de l’investisseur spécialisé en retournement Walter Butler (avec sa société Butler Capital Partners) et enfin du groupe Paradis du Fruit, accompagné par le fonds Naxicap Partners.
Selon les informations de WanSquare, les deux premières offres de Groupe Bertrand et Buffalo Grill tiennent la corde, car elles sont les mieux-disantes. Elles proposent de reprendre la centaine d’enseignes franchisées et environ 140 succursales, sur les 187 que compte le groupe, alors que l’offre la plus basse n’en garderait que 100. Les deux offres sont à peu près équivalentes, Groupe Bertrand offre un peu plus de capital pour financer les cash-flows, tandis que Buffalo Grill reprend quelques magasins en plus. Les deux candidats proposent d’apporter entre 80 et 90 millions d’euros, et reprennent 85 % des 3.500 emplois que compte la chaîne de restaurants. Les deux autres offres sont moins concurrentielles.
Les enchères devraient donc être lancées entre les deux industriels du secteur, qui pourraient augmenter le montant de leur chèque pour l’emporter. Selon nos informations, la prochaine audience de présentation des offres est prévue le 9 septembre, et le tribunal devrait décider du nom du repreneur au bout d’une semaine. L’objectif des candidats est de rouvrir rapidement les restaurants, qui garderont leur nom et leur enseigne dans chaque cas de figure. Mais il faudra aussi prendre en compte le risque Covid, une deuxième vague qui impliquerait une nouvelle fermeture coûteuse des restaurants.
Pour rappel, Courtepaille, qui avait été repris en LBO par Fondations Capital en 2015, a subi les affres d’un endettement élevé afin de financer un développement tous azimuts. Le groupe a brisé ses covenants et a été repris par son créancier ICG, via une conversion de dette en actions, en 2016. Déjà fragilisé par la crise des Gilets Jaunes, ce dernier a subi de plein fouet la crise du coronavirus, et n’a pas pu obtenir un PGE sans que son actionnaire ne consente à apporter des capitaux frais. Ce dernier a alors mandaté Lazard pour trouver un repreneur, mais le dossier a finalement basculé rapidement vers une procédure judiciaire.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

