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Tiffany, LVMH, M&A, fusions-acquisitions

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Tiffany temporise son rapprochement avec LVMH

Le groupe américain a repoussé de trois mois la date butoir de son mariage avec le géant français du luxe.
Tiffany
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L’on savait déjà que, en raison de la crise sanitaire et de l’incertitude sur l’évolution de la consommation, LVMH avait hésité par deux fois au moins à négocier une révision des termes de l’acquisition du joailler américain Tiffany pour 16,2 milliards de dollars, avant de renoncer et d’indiquer que l’opération irait bien à son terme.

Mais alors que Tiffany lui-même affichait sa confiance pas plus tard qu’au mois de juin, voici qu’il a annoncé hier avoir demandé le report de la date butoir de leur mariage. Prévue initialement le 24 novembre 2020, elle a été repoussée de trois mois. Cette éventualité était prévue dans l’accord d’acquisition, signé en novembre 2019. Tiffany précise que LVMH se réserve le droit de contester la validité de ce report – qu’il n’a pas exercé pour l’instant.

Aucune raison précise n’a été invoquée. Il se peut que le délai soit purement technique : la pandémie a considérablement allongé le traitement des dossiers, à l’image de l’autorité de la concurrence européenne, qui a ralenti ses activités pendant la période de confinement. D’ailleurs, l’opération LVMH -Tiffany n’a pas encore reçu toutes les autorisations.

Si les protagonistes ne font aucun commentaire, des proches affirment que l’allongement du délai est purement technique et ne porte pas sur les termes de leur accord. L’annonce n’a de toute façon pas fait ciller les investisseurs, bien au contraire : le titre a terminé dans le vert hier à la Bourse de Paris.

Seule conséquence pour l’instant du report, la prise en compte de Tiffany dans les comptes de LVMH sera retardée d’autant que durera le décalage dans la conclusion de l’opération.

En mars dernier, le groupe de Bernard Arnaud avait essayé d’obtenir auprès de sa cible l’autorisation d’acquérir des actions Tiffany sur le marché, pour profiter de l’effondrement du titre au plus fort des perturbations de marché provoquées par le confinement généralisé et la guerre du pétrole entre Saoudiens et russes. Ce qui revenait pour LVMH à moyenner à la baisse pour réduire la facture, alors que l’activité de Tiffany serait nécessairement affectée par la crise sanitaire.

Début juin, LVMH avait réuni son conseil d’administration pour discuter des conséquences de la pandémie "sur les résultats et les perspectives" de Tiffany et d’une éventuellement révision des termes de la transaction. Mais l’opération ayant déjà été approuvée par les actionnaires des deux groupes, tout changement aurait très probablement eu des conséquences judiriques importantes. Tiffany avait en outre rassuré son prétendant en déclarant qu’il respectait ses covenants bancaires.

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