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Entreprises / Actions

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Le SOS des compagnies aériennes américaines

American Airlines a annoncé devoir supprimer 19.000 emplois en octobre si elle n’obtient pas d’aide supplémentaire à un secteur profondément affecté par la crise. Une pression supplémentaire pour l’administration Trump, qui veut défendre son bilan économique à deux mois des élections.
New York - USA - Etats-Unis
New York - USA - Etats-Unis

Fin mars, alors que les compagnies aériennes venaient de recevoir 50 milliards de dollars d’aide d’urgence, un journaliste de CNN déclarait : "Ce ne sera pas suffisant pour sauver le secteur. Seuls les passagers peuvent le faire". Cinq mois plus tard, les compagnies aériennes doivent admettre la douloureuse réalité : tant que le trafic restera aussi bas, elles doivent réduire la voilure. Mardi, American Airlines a été la première compagnie aérienne à sortir du bois et a annoncé qu’elle allait supprimer 19.000 emplois à partir d’octobre. Une grande majorité – 17.500 – est suspendue à une reprise de l’activité et s’ajoute à un plan déjà annoncé de plus de 10.000 départs volontaires. Au total, le groupe devrait réduire ses effectifs de 30 %, soit 40.000 personnes.

Le timing ne doit rien au hasard, car pour obtenir une aide de 12 milliards de dollars (dont une partie sous forme de prêts garantis), la compagnie s’était engagée, tout comme ses pairs, à maintenir ses effectifs jusqu’à fin septembre. Tout laisse donc à penser que ses concurrentes Delta, United Airlines, devraient faire de même dans les prochains jours. Début juillet, United avait déjà prévenu qu’il pourrait couper 36.000 emplois d’ici cet automne.

Ce type d’annonce représente bien évidemment un nouveau casse-tête pour l’administration Trump, en pleine campagne électorale et le jour même où Donald Trump a été intronisé par le parti républicain. En raison des divisions entre républicains et démocrates, le Congrès n’a pas encore voté de nouveau plan de relance, et en particulier le financement de l’aide exceptionnelle aux chômeurs, qui a pris fin à fin juillet. Les démocrates poussent pour maintenir le montant versé, soit 600 dollars par semaine, tandis que les républicains jugent qu’il est trop élevé et dissuadent les américains de retourner au travail.

Dans ce contexte de vives tensions politiques, le SOS porté par l’aérien tombe au plus mauvais moment. Après une légère reprise, l’administration Trump doit affronter l’essoufflement de l’économie, où les embauches ont ralenti, le nombre de chômeurs hebdomadaires a à nouveau franchi la barre du million et la confiance des consommateurs est retombée au plus bas depuis le début de la pandémie. Tout cela en raison de l’arrivée à échéance de nombreuses aides, comme le PPP (Paycheck Protection Program) en faveur des petites entreprises. Comme le Congrès est parti en trêve estivale sans accord, l’administration Trump a débloqué un fonds d’urgence pour verser une allocation chômage de 300 dollars par semaine, mais sa mise en œuvre est complexe, et à ce stade, seul l’Etat de l’Arizona l’a mis en place.

Si elle veut stopper l’hémorragie de l’aérien en pleine période électorale, l’administration Trump n’a pourtant pas le choix, car les perspectives ne sont pas réjouissantes. L’IATA, l’association internationale de l’aérien, prévoit que le trafic passagers va chuter de 55 % cette année et ne retrouvera pas son niveau d‘avant crise avant 2024.

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