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Jackpot des banques américaines sur les IPO chinoises

Ant Group, la filiale d’Alibaba qui va entrer à la Bourse de Shanghaï et Hong Kong, devrait verser plus de 300 millions de dollars à son pool de banques, dont trois américaines. Les banques de Wall Street profitent à plein des sources de revenus des candidats chinois, sur place ou chez elles, malgré le regain des tensions géopolitiques.
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis
New York - Wall Street - statue de la liberté - banques - USA - Etats-Unis

Ce pourrait être la plus grosse introduction en Bourse (IPO) mondiale depuis celle de sa maison-mère Alibaba, voire de l’histoire : Ant Group, la filiale de services financiers du géant chinois, a déposé son document de base en vue d’une double cotation aux Bourses de Shanghaï et Hong Kong, où elle pourrait lever jusqu’à 30 milliards de dollars, pour une valorisation de 200 milliards de dollars. Mais alors que les tensions sino-américaines sont remontées d’un cran depuis quelques mois, sur fond de pandémie mondiale et d’élections présidentielles américaines, le groupe a pourtant choisi trois banques américaines dans son pool pour l’accompagner : Citigroup, JP Morgan et Morgan Stanley. Une opération gigantesque, qui pourrait rapporter gros aux banques teneuses de livres, si elle aboutit. Selon les estimations, les banques devraient facturer environ 1,5 % du produit de l’opération et se partager au moins 300 millions de dollars de commissions, voire jusqu’à 450 millions de dollars, ce qui serait un record pour une IPO asiatique hors Japon. Il dépasserait alors les montants dégagés par les introductions d’AIA et Agricutural Bank of China en 2010, qui avaient rapporté plus de 400 millions de dollars chacune aux intermédiaires.

Bien sûr, d’autres banques sont présentes sur cette opération : China International Corporation (CIC) est coresponsable de l’IPO à Hong Kong et Crédit Suisse est co-coordinateur global. Mais le fait que des banques américaines aient décroché un mandat de premier plan pour cette entrée en Bourse de grande ampleur démontre qu’elles restent les intermédiaires de référence pour placer une IPO auprès d’investisseurs mondiaux.

Ironie du sort, alors que la situation géopolitique s’est détériorée entre Chine et Etats-Unis, les banques américaines n’ont jamais autant gagné d’argent grâce à leurs clients chinois. Selon les données de Refinitiv, elles ont ainsi engrangé 414 millions de dollars de commissions sur des IPO et des émissions de dette obligataire et de capital, comme les IPO du site d’e-commerce JD.com ou des jeux vidéos Netease à Hong Kong en juin - un montant en hausse de 24 % sur un an.

Du côté de la Bourse américaine, le Congrès compte serrer la vis sur les IPO chinoises, puisqu’il est en train de passer une loi obligeant les entreprises chinoises cotées et les candidats à une IPO à passer un audit devant un organisme américain, le Public Company Accounting Oversight Board (PCOB), pour être certifiées d’ici à 2022 sous peine d’être retirées de la cote. Cela n’empêche pas les sociétés chinoises à frapper à la porte du NYSE et du Nasdaq, en particulier les groupes tech : plus de 20 entreprises chinoises ont levé 4 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit déjà plus que sur l’ensemble de l’année 2019 (3,5 milliards de dollars), selon Dealogic.

Un record très récent : ce mois-ci, le site d’agence immobilière KE Holdings a levé 2,1 milliards de dollars sur le NYSE, soit la plus importante IPO chinoise aux US depuis 2018. Et ce n’est pas fini. XPeng, le rival chinois de Tesla, a profité de l’engouement pour la firme d’Elon Musk et a augmenté la taille de son IPO, soit un total de 1,5 milliard de dollars.

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