WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Auchan, grande distribution, distribution

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Auchan s'arme pour sortir de la nasse

L'activité de distribution du holding continue de redresser sa situation, grâce à la Chine. Il veut en profiter pour accélérer son désendettement avec un plan de 2 milliards d'euros.
Auchan - supermarché - grande surface
Auchan - supermarché - grande surface

L’autre homme malade de la grande distribution français poursuit sa convalescence : le holding d’Auchan (qui regroupe le distributeur bien connu Auchan Retail et le développeur immobilier international Ceetrus) a quasiment retrouvé l’équilibre au premier semestre, réduisant sa perte nette part du groupe à 77 millions d’euros, contre un trou de 1,5 milliard un an plus tôt. Le résultat net normalisé (hors activités arrêtées et éléments liés à la pandémie) part du groupe repasse, lui, dans le vert à 115 millions d’euros, contre une perte de 50 millions au premier semestre 2019 ; l’année dernière, Auchan Retail a notamment vendu sa filiale italienne. D’autres indicateurs financiers témoignent d’une amélioration des comptes du holding : la marge d’Ebitda augmente de 0,4 point à 6,1%, tandis que le résultat d’exploitation courant bondit de 26,7% à 461 millions d’euros (améliorant la marge d’exploitation de 0,5 point à 2,1%).

Etant donné le poids d’Auchan Retail dans le holding (22,25 milliards d’euros de chiffre d’affaires contre 205 millions pour Ceetrus au premier semestre), le redressement est clairement à mettre sur son compte. Au contraire de l’exception dont a bénéficié la distribution alimentaire pendant le confinement, le développeur immobilier a été de loin le plus affecté des deux par la crise sanitaire. Ainsi, le chiffre d'affaires du distributeur a progressé de 0,8%, quand celui de Ceetrus a connu une chute de 31% en raison de la baisse des revenus locatifs, pénalisés par les mesures de confinement. De même, l'Ebitda d'Auchan Retail poursuit son redressement et a progressé de 15% au cours du premier semestre sur un an, à 1,25 milliard d'euros - tandis que celui du développeur immobilier a quasiment été réduit de moitié. Son résultat net normalisé est lui nettement dans le vert, de 228 millions d'euros. Plusieurs éléments ont permis de compenser partiellement la baisse de la fréquentation des magasins de l'enseigne en raison du confinement : la hausse sensible du panier moyen et la croissance soutenue du e-commerce et des drives.

Mais ce redressement reste fragile. Au cours du premier semestre, il est largement le fait de la Chine, qui s'est déconfinée précocement. Si Auchan consolide sa filiale Sun Art Retail à 100%, il ne détient que 36% de son capital. "En consolidant proportionnellement la filiale chinoise, qui a publié de solides résultats, l'Ebitda du groupe s'est replié de 4%, le free cash-flow ressort à -421 millions d'euros et le ratio d'endettement s'élève à 4x l'Ebitda", calcule Christine Kam, analyste crédit chez Octo Finances.

Auchan Holding, contrôlé à 95% par la famille Mulliez et à 5% par les salariés, compte toutefois profiter de ce redressement financier pour accélérer son désendettement, condition pour envisager l'avenir de ses activités, notamment françaises, avec davantage de sérénité. Il a ainsi lancé un plan de 2 milliards d'euros à l'échéance 2022 "pour regagner en agilité et en capacité d'investissement", indique-t-il, qui s'ajoute au programme d'efficacité baptisé "Renaissance" et au projet stratégique Auchan 2022 qui vise à renforcer la présence numérique du groupe, transformer ses magasins dans les 12 pays où il est présent et concentrer son offre. Il compte atteindre cet objectif financier notamment à travers des "cessions d'actifs non stratégiques et ayant peu d'impact opérationnel et social", comme des surfaces de bureaux. "Nous reconnaissons les efforts du management pour redresser la marge et réduire la dette. Une cession des activités déficitaires en Russie serait positive", estime Christine Kam.

Au 30 juin, l'endettement représentait 4,18 milliards d'euros, en augmentation de 300 millions en raison de la saisonnalité de l'activité. Mais le groupe, qui a récemment modifié sa gouvernance, est parvenu à améliorer son flux de trésorerie de 1,21 milliard par rapport au premier semestre 2019, grâce à une variation positive du BFR et à la réduction des investissements du fait de la crise. Une situation qui améliore la capacité de remboursement de la dette du groupe. Fin juillet, Auchan Holding affichait 3,6 milliards d'euros de lignes de liquidité non tirées.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article