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GL Events
GL Events se pose comme symbole des difficultés de l’événementiel
Dès la mi-avril, l’Union des métiers de l’événement avertissait de l’impact de la pandémie mondiale sur le secteur de l’événementiel. Ainsi, l’organisation professionnelle indiquait il y a déjà 4 mois : "nous estimons que 15 milliards d’euros de retombées économiques directes et indirectes, soit le tiers de la contribution annuelle de notre industrie, sont déjà perdus pour l’économie française depuis la crise". Or, le plan de relance sectoriel, annoncé fin juin par l’exécutif, qui reposait en partie sur des aides d’État et des exonérations, laissait une place centrale à un retour à la vie normale avec la réautorisation de tous les événements sans limite dès le 1er septembre. Ce qui, finalement, n’aura jamais été le cas. C’est dans ce contexte que GL Events, leader mondial du marché, a publié ses résultats semestriels.
Et, comme prévu, les chiffres font mal. Au 30 juin 2020, seul 55,2 % de l’activité avait pu être conservée par rapport à la même époque l’an passé, avec un chiffre d’affaires passant de 595,9 millions d’euros à 266,8 millions d’euros. Évidemment, Olivier Ginon, PDG du groupe, souligne que "la crise sanitaire, d’une soudaineté et d’une violence inouïes, a impacté fortement nos métiers". Preuve en est, fin février, le chiffre d’affaires croissait de 14 %, avant qu’un pangolin ne vienne enrayer la dynamique. Avec une marge Ebitda en chute libre de 20,8 % à 1,1 % sur un an, le résultat ne peut que connaître une telle courbe, passant de 41,8 millions d’euros de gains à 32,8 millions de pertes.
Aides et économies, en attendant la reprise…
Face aux difficultés, le groupe a lié aides extérieures et effort interne. "Nous avons réduit drastiquement nos coûts (69 millions d’euros à fin juin 2020) et préservé notre trésorerie. Nous avons également bénéficié de mesures d’accompagnement mises en place par le gouvernement " précise Olivier Ginon. L’activité partielle a grandement participé à la baisse des charges fixes. Mais d’autres moyens sont mis en place par les différentes branches du groupe. La section qui gère le réseau de 50 sites événementiels a par exemple pu dégager 29 millions d’euros d’économies, en entreprenant des négociations avec les collectivités locales pour réduire les loyers. Tout cela a permis au groupe de préserver une structure financière saine avec 341 millions d’euros de liquidités et une ligne RCF non tirée de 100 millions d’euros. De plus, les négociations ont repris concernant l’obtention d’un nouveau PGE qui aboutirait à une enveloppe de 130 millions d’euros - 73 millions d’euros ayant déjà été accordés. L’endettement a aussi été maîtrisé, progressant de 480 millions d’euros à 592 millions d’euros.
Mais, plus inquiétant, le secteur n’a pas sa survie entre les mains. Le PDG déclare ainsi qu’"alors que la visibilité reste réduite sur les prochains mois, je suis confiant dans la résilience du groupe, qui lui permettra de rebondir une fois les restrictions administratives levées". Or, les incertitudes ne semblent pas permettre d’envisager la levée de ces restrictions administratives, au contraire ces dernières, après avoir été un peu assouplies, ont été resserrées. Pourtant, GL Events mise sur une reprise des activités en 2021. Loin d’être une évidence.
Le marché reste d’ailleurs dubitatif. L’action perdait plus de 2 % aux alentours de 10 heures avant de remonter à la mi-journée pour subir une baisse de 1% à la Bourse de Paris, Portzamparc ayant abaissé son objectif de cours à 9,50 euros contre 12,50 euros. Les investisseurs, plus que sur les mots, se basent sur les chiffres. Et GL Events a un volume d’activité estimé à 600 millions d’euros pour l’année 2020, laissant présager des pertes de l’ordre de 50 millions d’euros. Ce qui amène Oddo BHF a être encore plus sévère, ajustant à la baisse son objectif de cours de 9,50 euros à 9 euros : "alors que les attentes du consensus vont encore se dégrader sur 2020 et 2021, la reprise de la propagation du virus en France (50% du CA) et la situation très délicate en Amérique latine (~10% du CA) nous incitent à reste prudent sur le dossier. Si nous ne sommes pas inquiets de la liquidité financière, nous ne voyons que peu de motifs d'encouragement d'un point de vue boursier dans le contexte actuel sur les prochains trimestres."
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