WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Iliad devient le premier opérateur télécom en Pologne

Après avoir assuré qu'il s'arrêterait à l'Italie, la maison-mère de Free va lancer une offre amicale sur l'opérateur Play. Une opération financée en dette.
Thomas Reynaud - Iliad - Free
Thomas Reynaud - Iliad - Free

Comme à son habitude, Iliad aime surprendre. Ses résultats et sa croissance restaurés, forts de nouveaux objectifs plus ambitieux, le groupe de télécom fondé par Xavier Niel, maison-mère de Free dans l’Hexagone, repasse à l’offensive à l’international, deux ans après s’être implanté avec succès en Italie et investi dans l’irlandais Eir Telecom : il a annoncé hier le dépôt, le 21 septembre prochain, d’une offre publique d’achat (OPA) amicale sur l’opérateur polonais Play, pour 2,2 milliards d’euros.

Iliad propose 39 zloty par action, soit une prime de 39% par rapport au cours de clôture de Play vendredi à la Bourse de Varsovie et de 33% sur le cours moyen pondéré des 30 derniers jours. Il va acquérir un bloc de contrôle de 40% auprès de deux actionnaires de référence, Kenbourne Invest et Tollerton Investments.

Le prix fait ressortir une valeur d’entreprise de 3,5 milliards d’euros, soit 6,8 fois son Ebitdaal (Ebitda après loyers) des 12 derniers mois, hors synergies espérées. Un multiple raisonnable. Iliad estime que l’opération sera relutive en termes de bénéfice net par action (BNPA) et de flux de trésorerie disponible (FCF) par action dès la première année – une perspective positive qui contraste avec les initiatives de croissance précédentes d’Iliad. Play affiche pour les 12 derniers mois un FCF de 269 millions d’euros, pour 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires et une marge d’Ebitdaal de 32,1%, indique Iliad.

D’un point de vue stratégique, la transaction est probablement intéressante : avec 15 millions d’abonnés et une part de marché de 29% dans le mobile, Play est l’opérateur n°1 dans ce segment en Pologne, pays de 38,5 millions d’habitants dont le taux de croissance ces dernières années a caracolé en tête des pays de l’Union européenne. Iliad passera donc d’un coup devant Orange (27% de part de marché), Plus (21%) et l’allemand T-Mobile (19%). Selon Alexandre Iatrides, analyste pour Oddo BHF, "cette opération fait clairement du sens bien qu’elle ajoute de la complexité dans la compréhension du groupe". En outre, Play s’est lancé dans le fixe il y a quelques mois, un domaine où Iliad vient de démontrer un certain savoir-faire. Enfin, le Français évoque une certaine proximité culturelle : lancé en 2007, Play s'est développé avec une politique commerciale agressive.

Iliad peut-il se permettre cette nouvelle acquisition ? Le groupe de Xavier Niel veut financer cette acquisition par endettement, sa "solidité financière" lui ayant permis de monter une dette "déjà sécurisée auprès de plusieurs banques internationales". "Nous ne lancerons pas d'augmentation de capital pour réaliser cette opération", a indiqué le directeur général Thomas Reynaud, initiative en général peu appréciée des investisseurs actions.

La transaction fera du coup mécaniquement grimper son levier financier de 2,2 à 3,2 fois. "La principale question de cette opération est le fait que la dette nette d’Iliad atteignait déjà 6,75 milliards d’euros (dont trois milliards en crédit-bail opérationnel) à la fin du mois de juin", indique un analyste, tandis que la dette nette de Play atteignait 1,45 milliard d’euros au 30 juin.

Charge à Iliad de ne pas en faire un sujet d’inquiétude qu’il traînerait comme un boulet, alors qu’il vient de se lancer dans d’importants chantiers : l’offre à destination des entreprises en France et l’offre fixe en Italie. Mais une entreprise ne maîtrise pas toujours le timing et elle doit savoir saisir les occasions lorsqu’elles se présentent.

En outre, Play dispose d’une carte dans sa manche qu’Iliad compte bien utiliser pour alléger le poids de l’acquisition : le projet de vente de ses "infrastructures passives" (les tours télécoms), qui pourrait rapporter entre 800 millions et un milliard d’euros et que le groupe français entend mener à bien. De quoi alléger la facture.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article