WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

AccorInvest n'échappe pas à la crise de l'hôtellerie

Le groupe d'immobilier d'hôtellerie, dont Accor détient encore 30% du capital, négocie un PGE de 450 millions d'euros dans le cadre d'un plan de redressement global. Les actionnaires devraient être mis à contribution.

Accor, déjà fragilisé par la crise sanitaire, pourrait regretter de détenir encore 30% du capital d’AccorInvest. Cette société immobilière, dans laquelle ont été logés 904 établissements de l’enseigne et qui ploie sous plus de 4 milliards d’euros de dette, a obtenu de ses créanciers l’ouverture d’un mandat ad hoc pour négocier une restructuration financière. Le mandat a été confié aux administrateurs judiciaires Frédéric Abitbol et Marc Sénéchal, est en mesure de confirmer WanSquare, à la suite d'une information des Echos.

Le déclencheur de cette procédure a été la demande d’un Prêt garanti par l’Etat (selon le dispositif du PGE), qui nécessite la nomination de deux mandataires : selon nos informations, le PGE représenterait environ 400 millions d’euros, garanti à 80% par les pouvoirs publics, pour une durée maximale de 5 ans. Comme dans beaucoup de cas pour les entreprises de grande taille, cette demande serait préventive, dans la mesure où, selon une source proche, "jusqu’à la crise sanitaire, AccorInvest n’a jamais eu de problème de soutenabilité de sa dette et n’a pas d’échéance d’ici à la fin de l’année 2020". La trésorerie serait également encore significative.

Cette demande nécessitera l’accord des banques et se fait dans un cadre d’une restructuration plus globale du groupe, sur laquelle ses dirigeants travaillent depuis le mois de mai. Elle comprend également un plan de transformation interne et de réduction des coûts, une accélération de la vente d’actifs (c’est-à-dire des hôtels) pour consolider le bilan, un renforcement plus global de la liquidité (notamment via le PGE) à négocier avec les banques et pour finir la négociation d’une contribution des actionnaires au renflouement d’AccorInvest.

La nécessité d’une restructuration ne fait guère de doute étant donné les difficultés auxquelles le secteur fait face. Mais le dossier comporte de nombreuses parties prenantes : sa dette est détenue par 19 banques (françaises et étrangères) et les actionnaires d’AccorInvest ne sont pas des petits acteurs que l’on mène à la baguette. Les 70% du capital non détenus par Accor sont répartis entre plusieurs grands investisseurs internationaux, en particulier le fonds souverain saoudien Public Investment Fund, son homologue singapourien GIC, Colony Capital, Crédit Agricole Assurances et le français Amundi, numéro un européen de la gestion d’actifs. A cela s’ajoutent l’Etat français et son Comité interministériel de restructuration industriels (Ciri).

Même si, selon WanSquare, les actionnaires ont déjà renoncé au versement de dividendes au titre des exercices 2019 et 2020 (soit 180 millions d'euros pour chacun d'entre eux), les banques leur demanderont vraisemblablement un geste supplémentaire, auquel AccorInvest veut croire. "Accor apporte tout son soutien à AccorInvest, que ce soit par des reports de charge ou des assouplissements dans les standards de marque. Le groupe travaille également sur l’ajout de liquidité et soutient pleinement la stratégie d’AccorInvest dans ce domaine", indique d’ailleurs l’hôtelier à WanSquare, qui confirme avoir accordé 160 millions d’euros de reports de charges à sa filiale depuis le début de la crise sanitaire. Potentiellement, il pourrait contribuer à hauteur de sa quote-part à toute recapitalisation de sa filiale.

En effet, Accor dispose encore de moyens pour la soutenir : les cessions successives de ses parts dans AccorInvest lui ont permis de gorger sa trésorerie. "En particulier, l’entreprise dispose de 2,7 milliards d’euros de cash dans son bilan et 1,76 milliard d’euros de lignes de crédit renouvelables non tirées, sans test de covenant avant juin 2021", soulignait ainsi l’agence de notation S&P Global en août dernier. Mais étant donné le contexte extrêmement difficile pour le secteur où chaque denier compte, le groupe hôtelier s’en passerait volontiers.

AccorInvest a été créé en 2017 à partir du pôle immobilier d’Accor nommé HotelInvest (lui-même formé en 2013). Son portefeuille est composé à 95% par des hôtels économiques et milieu de gamme et est situé à 91% en Europe. En mai 2018, Accor a cédé dans un premier temps 57,8% de son capital au consortium d’investisseurs pour un produit brut de 4,6 milliards d’euros, puis le mois suivant 7% à Colony Capital pour 250 millions d’euros et enfin 5,2% à plusieurs actionnaires existants en novembre 2019 (pour 204 millions).

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article