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Entreprises / Actions

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En dépit de pertes records Palantir a réussi son introduction en Bourse

L’éditeur de logiciels Palantir Technologies a réalisé sa cotation sur le New York Stock Exchange le 30 septembre 2020. Une semaine après son introduction en Bourse, l'heure est au constat.  
Drone - tournage - technologie
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À quelques semaines des élections américaines, les introductions en Bourse (IPO) se multiplient à Wall Street. Les entreprises souhaitent bénéficier d’une période où les investisseurs sont à la recherche de placements, en particulier dans les fintech, avant que les élections n'introduisent un surplus de volatilité sur les marchés.

Le groupe Palantir, géant américain de l’analyse de données, ne fait pas exception. Il a pris le parti peu répandu d’introduire ses titres sans aucune levée de fonds puisque ses actions ont été proposées à la vente directement sur le marché, comme ce fut le cas de Spotify et Slack. L’opération, par un système d’actions préférentielles, permet de surcroît aux dirigeants, comme le P.-D.G. Axel Karp et le financier Peter Thiel, de conserver le contrôle tout en cédant une grande partie de leur part.

Le titre a bondi à 10 dollars lors de l’entrée de la société à Wall Street, si bien que Palantir a vu sa valorisation dépasser les 20 milliards de dollars, montant exorbitant à la hauteur de leurs espérances. Une semaine après, leurs titres continuent à avoisiner les 9 dollars, constat étonnant pour une entreprise non rentable et très critiquée.

En effet, alors que l’entreprise a 17 ans d'ancienneté, elle ne parvient toujours pas à générer du profit. En 2019, les pertes s’élevaient à 580 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 780 millions. Paradoxalement, depuis sa création en 2003, le groupe n’a cessé de se développer. Son activité consiste à traiter via le logiciel, Gotham, des milliards de données de provenance aussi diverses que la santé, le fisc, les coordonnées GPS, et les réseaux sociaux. L’objectif est, in fine, de fournir aux agences de renseignement un outil leur permettant de lutter contre les crimes terroristes, la fraude fiscale et les filières d’immigration illégale. Par ailleurs, le logiciel peut être utilisé par le monde de la finance afin de sélectionner les investissements.

La controverse quant au bien-fondé de son entrée en Bourse tient à l’incertitude qui règne autour de l'éthique du groupe. La gouvernance de Palantir serait certainement regardée avec moins d’attention si le cœur de leur métier ne consistait pas à traiter des données privées pour le compte d’agences de renseignement publiques. Cette entreprise compte notamment, parmi ses 125 clients, la CIA, première agence à avoir financé le groupe en 2003, et la US Army, responsable de 15 % de ses revenus selon Bloomberg.

Depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le groupe est également utilisé par des entités françaises, notamment la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ainsi que certains géants de l’industrie comme Airbus et Sanofi.

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