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Auchan jette son éponge chinoise

Fusions, Acquisitions

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Auchan jette son éponge chinoise

Le groupe de distribution des Mulliez, en grandes difficultés en France, en raison d’une trop forte présence dans les hypers, a décidé de sortir de Chine pour un montant de 3 milliards d’euros qui représente plus de 80 % des pertes cumulées du groupe au cours des deux dernières années.
Auchan - supermarché - grande surface
Auchan - supermarché - grande surface

Auchan a donc annoncé aujourd’hui la cession de sa filiale chinoise SunArt au géant de l’e-commerce chinois Alibaba. L'opération, de quelque 3 milliards d'euros, acte la fin des activités du groupe de distribution en Chine. Clairement, le marché chinois est trop "spécifique" pour garder un tel actif périphérique, quand de surcroît le cœur de métier du groupe subit pertes sur pertes depuis deux ans et est engagé dans un processus de restructuration.

Auchan Retail a donc accepté la proposition faite par Alibaba de rachat de la totalité de sa participation dans SunArt (484 hypermarchés, 150 000 collaborateurs). Le groupe détenu par la famille Mulliez explique que cette opération et son retrait de Chine sont partie intégrante de sa volonté d'accélérer le déploiement de son projet d'entreprise Auchan 2022 sur ses implantations actuelles. Il ajoute que par cette cession d'un montant d'environ 3 milliards d'euros, il disposera ainsi des moyens financiers pour se désendetter, pour saisir de nouvelles opportunités et se développer dans de nouveaux pays.

Le groupe a présenté au début du mois de septembre la deuxième étape de son plan, qui consiste en la suppression de 1.500 nouveaux postes. En fait, faute de pouvoir renforcer ses moyens financiers par une augmentation de capital, en raison d’un actionnariat familial plus enclin à toucher les dividendes qu’à investir, Auchan n’a pas d’autre choix que de vendre l’argenterie de famille pour boucher les trous et financer une très lourde adaptation. Le groupe est, des grands de la distribution, celui qui a le plus tardé à prendre conscience de la désaffection qui touche les hypers, de la nécessité d’être un champion de l’e-Commerce, et d’investir le créneau des formats de proximité.

Les 3 milliards d’euros reçus à l’occasion de cette vente se comparent aux 2,43 milliards de pertes cumulées au cours des deux derniers exercices. Ils sont donc les bienvenus pour reconstituer les marges de manœuvre financières du groupe et surtout les efforts d’adaptation liés au plan Renaissance 2022. Mais il n’est pas certain que le montant de cette cession soit suffisant, tant les chantiers ouverts par Auchan sont coûteux, longs et aléatoires. N'en déplaise à Gérard Mulliez, qui était un génie de la distribution - à une autre époque - les Mulliez font la démonstration qu'il est plus difficile de garder une fortune que de la faire...

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