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Oxfam fustige les banques de l’hexagone : la FBF contre attaque

Banques

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Oxfam : les banques françaises contre-attaquent

Oxfam publie aujourd’hui un rapport qui mesure l’empreinte carbone des banques en France. La Fédération bancaire française (FBF) pare les coups de l'organisation internationale en donnant son appréciation de ce rapport.
Eoliennes  - énergies renouvelables
Eoliennes - énergies renouvelables

Les chiffres obtenus par l'organisation internationale Oxfam afin de mesurer l'impact carbone des banques françaises sont considérés par la Fédération bancaire française (FBF) comme biaisés. L'organisme professionnel souligne d’abord qu’il n’existe pas de méthode scientifique standardisée pour calculer l’impact global de carbone généré par une banque et que les outils de mesure utilisés par Oxfam ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre. La méthode utilisée en 2019, Partnership Carbon Accounting Financial (PCAF), a été troquée pour une nouvelle méthodologie dans ce rapport de 2020 : Carbon4 Finance.

Autre problème : Oxfam applique la même méthode d'évaluation quelle que soit les banques et leur spécialité afin de les comparer, si bien que le classement n'est pas représentatif de l'effort de transition des banques, mais seulement du panel d'énergies que leur activité couvre. Enfin, leur analyse est perçue comme trop statique : elle consiste à projeter en 2100 le bilan carbone des banques de 2017. Étant donné que les banques ont principalement commencé à modifier leurs portefeuilles et à instaurer des outils de mesure en interne depuis 2017, cette projection ne tient pas compte de l’évolution amorcée.

À ces critiques concernant la méthode de calcul et la manière de présenter les chiffres, s’ajoute une critique de la perception de ce que doit être la transition vers une économie faible en carbone à laquelle les banques prennent part. La FBF considère qu’il ne faut pas laisser de côté des pans entiers de l’économie qui ont besoin d'être financés. Il s’agit, selon Laurent Mignon, président de la commission climat de la fédération (par ailleurs président du directoire du groupe BPCE), d’encourager ce mouvement de transition vers un monde décarboné au fil du temps, tout en continuant à soutenir l’économie telle qu’elle est aujourd’hui.

Il rappelle aussi à juste titre qu'étant donné l'activité des banques, leur principal levier dans la lutte contre les émissions est le “Scope3”, qui désigne l’impact indirect d’un organisme. Dans le cas des banques, prendre part au combat signifie favoriser le financement et l'épargne en lien avec des projets décarbonés. C’est là un aspect important car il ne s’agit pas pour les banques de réformer leur propre émission de carbone mais celle de leurs clients, ce qui signifie qu’elles n’ont pas entièrement la main mise sur ces émissions et que leur rôle consiste davantage à inciter les investisseurs et les créanciers à changer de conduite. Par ailleurs, si les banques peuvent pousser à la transition, elles n'en sont pas les seuls moteurs : un effort coordonné du système bancaire, des entreprises et des pouvoirs publics est nécessaire, selon le président de la commission climat.

Laurent Mignon regrette qu’il n'existe pas de collaboration entre Oxfam et la FBF, car si les conclusions divergent, l’esprit est le même. Les deux souhaitent accélérer la transformation des banques en se montrant ambitieux et innovant pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris : une température mondiale moyenne de 1,5°. Les banques françaises sont pour l’instant parvenus à limiter leur portefeuille de prêts à l'économie du charbon à 2,3 milliards d’euros, soit 0,18% de la totalité de leur portefeuille. L’objectif de l’OCDE est une sortie complète du charbon à horizon 2030 et d'abandonner progressivement les énergies fossiles. Une partie des banques s’est déjà entièrement retirée du financement d'énergie de gaz et pétroles non conventionnels considérés comme les plus polluants. En parallèle de ce désengagement, leur engagement dans les énergies vertes représente un portefeuille de 41 milliards d’euros en 2019. La fédération estime que jusqu’à présent, les objectifs fixés ont été remplis.

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