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Valeo, Christophe Perillat, Jacques Aschenbroich

Entreprises / Actions

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Valeo n'est pas récompensé

Glacés par les menaces de reconfinement, les investisseurs ont totalement snobé l'importante réévaluation des objectifs de Valeo pour 2020. L'équipementier a par ailleurs préparé la succession de Jacques Aschenbroich, en nommant Christophe Perillat directeur général à compter de janvier 2022 - dissociant les fonctions de président et de DG.
Valeo
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Jusqu'à la semaine dernière, la révision en hausse des objectifs annuels annoncée par Valeo hier soir, assez rare dans l'automobile actuellement pour être signalée, aurait été saluée en fanfare par les investisseurs. Mais quelle importance aujourd'hui, puisque depuis lundi chacun s'accroche au bastingage pour traverser la deuxième vague de confinement qui se profile à travers l'Europe - en particulier en France. D'où la question : que vaut cet optimisme depuis ce matin ? Pas grand chose, si l'on en croit les investisseurs : l'action de l'équipementier automobile chutait de 8,6% en début de séance, pour s'afficher encore en baisse de 4,3% vers 12h30, sanctionnée comme l'ensemble du secteur.

Dans un contexte d’inquiétudes quant aux mois à venir, Valeo a également pris une décision de bonne gouvernance, mais donc la juste appréciation est elle aussi tombée à la trappe : le groupe a entériné la scission des fonctions de PDG en prenant la décision de nommer à la direction générale Christophe Perillat pour prendre la suite de Jacques Aschenbroich. Il sera dans un premier temps directeur général adjoint, puis directeur général en janvier 2022. En parallèle, Jacques Aschenbroich conservera la présidence du groupe jusqu’à la fin de son mandat en mai 2023. Ce plan de succession, approuvé à l’unanimité par les administrateurs, est sans rupture, puisque Christophe Perillat bénéficie déjà d’une longue expérience au sein de l’équipementier.

Christophe Perillat, diplômé de l’École Polytechnique et de l’École des Mines, était jusqu’à présent directeur des opérations de Valeo. Il avait auparavant été successivement à la tête de différentes divisions : systèmes électroniques et de connectivité et systèmes de confort et d’aide la conduite. Avant sa carrière de 20 ans au sein du groupe, il avait travaillé dans l’industrie aéronautique chez l’équipementier Labinal en France et aux États-Unis. La forte probabilité d’un maintien de la récession signifie que Christophe Périllat devra mener de futures négociations concernant le salaire de ces employés. D'autant que fort de leur performance au troisième trimestre, le groupe s’est engagé à ne procéder à aucun licenciement économique contraint en France pendant deux ans.

Pour revenir au troisième trimestre (dans le passé donc), le chiffre d'affaires de 4,4 milliards d’euros de Valeo confirmait la tendance du secteur : à savoir la reprise des ventes d’automobiles en Europe depuis la fin du (désormais premier) confinement. Ce montant représente une diminution de 6% à périmètre et change constants par rapport à l'année dernière, ce qui représente un redressement significatif : l'équipementier a subi une érosion de 28% au premier semestre sur un an. Ce chiffre d'affaires est lié à une performance en Europe de 5 points supérieure à celle de la production automobile, et au très bon niveau des activités en Chine. Les ventes en Amérique du Nord, au Japon, et en Corée du Sud tirent en revanche leur chiffre d’affaires vers le bas.

Ces signaux positifs ont poussé le groupe à revoir à la hausse ses objectifs financiers annuels. Il prévoit au deuxième semestre une marge d’Ebitda de 12% (contre environ 10% précédemment) et une génération de flux nets de trésorerie des activités opérationnelles supérieure 600 millions d’euros (contre une prévision initiale supérieure à 400 millions). Par ailleurs, le groupe excluait hier soir tout impact défavorable significatif de la pandémie sur la production automobile, la chaîne d’approvisionnement et l’évolution du marché au second semestre. Voire. Il faut espérer que la répartition équilibrée des activités entre les principales régions de production automobile palliera effectivement à la baisse de demande dans certaines parties du monde plus touchée par cette seconde vague de pandémie.

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