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coronavirus Le spectre d'un nouveau confinement fait tanguer les marchés actions

CORONAVIRUS. La baisse des Bourses européennes depuis le début de la semaine s'accentue avec les dernières déclarations en France et en Allemagne. Le redressement de l'activité de nombreuses entreprises au troisième trimestre est déjà de l'histoire ancienne.
Euronext - salle marché - CAC 40 - Bourse - indices - IPO
Euronext - salle marché - CAC 40 - Bourse - indices - IPO

Alors que les entreprises cotées publient en masse leurs résultats du troisième trimestre depuis une semaine, le reconfinement vers lequel on s'oriente en France rend caduque les hausses d'activité dont les publications témoignent. Les investisseurs regardant l'avenir, ils sont à nouveau plongés dans le brouillard : le renforcement des mesures restrictives qui se généralise à travers l'Europe compromet la confirmation d'ici à la fin de l'année de la reprise amorcée au trimestre précédent, ainsi que l'horizon pour 2021. À cela s'ajoute l'élection présidentielle américaine : dans l'attente des résultats la semaine prochaine, les investisseurs ont tendance à réduire le risque dans leurs portefeuilles de placement. "Tous les voyants sont au rouge", constate ainsi Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. "Dans ces circonstances, la pression va aller croissante sur la BCE pour qu'elle prenne de nouvelles mesures de soutien mais, objectivement, on voit mal quelle arme efficace elle pourrait dégainer face à la pandémie", poursuit-il. Dans un tel contexte, la huitième réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne, prévue demain jeudi, est particulièrement attendue.

La situation explique la chute des marchés actions observée depuis le début de la semaine. Elle atteint 6,1 % pour le CAC 40 et 6,3 % pour le DAX allemand par exemple. Ce matin, après la confirmation à demi-mot d'un nouveau confinement hexagonal - certes un peu moins sévère qu'en mars - pour au moins un mois (qui restera néanmoins à officialiser par le Président Emmanuel Macron ce soir), mais aussi une réunion de crise en Allemagne, l'ensemble des Bourses était en baisse en milieu de matinée : -3,2 % à Francfort, -2,7 % pour l'indice parisien, -2,1 % à Bruxelles, -1,8 % à Madrid, -1,5 % à Zurich…

Les tendances observées lors du premier confinement se reproduisent dans l'ensemble : les valeurs cycliques dérapent, en particulier les secteurs les plus affectés par les restrictions de déplacement. Comme il y a six mois, le secteur automobile souffre en Bourse depuis le début de la semaine. Le redressement des ventes de véhicules observé au troisième trimestre et la croissance des carnets de commandes dont ont témoigné ces derniers jours Renault, Faurecia, Daimler, ou encore PSA (Valeo se permettant même de réévaluer ses objectifs 2020), ont été impuissants à enrayer la désaffection des investisseurs. À juste titre, puisque ce sont les perspectives qui justifient l'achat d'un titre et qu'elles sont à nouveau incertaines.

En dehors de l'automobile, l'aéronautique et le transport aérien figurent évidemment en première ligne, de même que l'hôtellerie, la restauration collective et l'événementiel ; mais la situation restait de toute façon difficile pour ces acteurs. Comme en témoigne l'annonce ce matin par le groupe de services aux entreprises Sodexo de la suppression de 2.083 postes nets.

Parmi les autres secteurs cycliques, les financières sont particulièrement attaquées : malgré les garanties publiques accordées aux prêts aux entreprises, les banques restent exposées à la montée des incidents de paiement, qui les conduisent à augmenter drastiquement leurs provisions pour créances douteuses. Si plusieurs grands établissements européens et américains ont déjà publié des comptes du troisième trimestre positifs, on peut anticiper une flambée du coût du risque au quatrième trimestre. Les assureurs sont également menacés par le risque d'une hausse de la sinistralité.

Dans ce marasme, les secteurs qui tirent leur épingle du jeu en Bourse sont certains secteurs technologiques, la santé et la distribution agro-alimentaire, car ils ne souffriront pas (ou beaucoup moins) d'un reconfinement. Prenons l'exemple CAC 40 : les trois seules valeurs en hausse de l'indice en fin de matinée étaient Teleperformance (qui profite à plein de la généralisation du télétravail et a annoncé mardi soir l'acquisition de Health Advocate, spécialisé dans la gestion numérisée des données de santé pour les entreprises), Carrefour (qui a publié ce matin une hausse de son chiffre d'affaires de 8,4 % à périmètre et change constants, dont +65 % dans le commerce en ligne) et le spécialiste des services de paiement Worldline, qui bénéficie de la flambée des achats en ligne et des moyens de paiement sans contact et qui boucle l'acquisition d'Ingenico. Sur l'ensemble du SRD (Service de règlement différé), qui comprend 543 valeurs, seules… 50 d'entre elles étaient en hausse.

Toutefois, la situation actuelle présente une différence notable avec la période de confinement précédente : étant donné que la Chine, atelier du monde, n'est pas concernée par les nouvelles mesures (sa situation sanitaire ne s'est pas dégradée et on prévoit même un PIB en croissance pour 2020), les chaînes d'approvisionnement internationales ne devraient être autant bouleversées qu'au début de l'année.

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