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Le mariage PSA-FCA, plus que jamais une nécessité
Alors que de récentes rumeurs évoquent l'autorisation imminente par la Commission européenne de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), les deux constructeurs automobiles ont encore affiné les modalités de leur rapprochement, qui donnera naissance à Stellantis. Ils ont annoncé mercredi - le même jour que la publication de leurs chiffres d'activité du troisième trimestre - que le groupe français pourrait vendre "environ 7% du capital social de Faurecia avant la réalisation de la fusion", dans le cadre de leur accord à multiples facettes. Une opération que PSA a lancée le soir même par placement privé. Il détient actuellement 46% de l'équipementier. "Le produit de ce projet de cession, ainsi que la participation restante en actions dans Faurecia, seraient distribués aux actionnaires de Stellantis peu après la réalisation de la fusion, comme annoncé le 14 septembre 2020", ont-ils également indiqué.
Pour tenir notamment compte de la dégradation des perspectives du secteur automobile et de la chute des valorisations boursières de chacun, qui avaient modifié les parités, les protagonistes avaient déjà modifié le mois dernier certains termes de l'accord signé en décembre 2019. La distribution des actions Faurecia détenues par PSA avait notamment été modifiée : destinée au départ aux seuls actionnaires du constructeur français avant le terme de la fusion, elle serait finalement organisée après et accordée à l'ensemble des actionnaires de Stellantis.
Deuxième nouveauté annoncée hier relative à l'opération, PSA et FCA feront en sorte de s'assurer que Stellantis une fois formée ne soit pas actionnaire de contrôle de Faurecia. À cette fin, le propriétaire des marques Peugeot, Citroën, Opel et DS a précisé qu'il pourrait prendre des mesures supplémentaires qui ne consistent pas en des ventes de titres.
PSA et FCA ont précisé que ces dispositions avaient pour objectif de faciliter l'accord des autorités réglementaires. Ils ont également confirmé leur espoir de voir leur rapprochement se conclure définitivement d'ici à la fin du premier trimestre 2021. Signes que la validation de Bruxelles est proche.
La constitution du quatrième groupe automobile mondial ne sera pas de trop pour affronter la tempête sanitaire qui regagne en puissance depuis cette semaine, qui a confirmé le regain brutal des contaminations conduisant vers des restrictions supplémentaires, allant jusqu'au confinement. L'ensemble des valeurs du secteur a d'ailleurs été chahuté hier en Bourse et les PSA et FCA n'ont pas été épargnés - alors même qu'ils ont publié le jour même des chiffres de bonne facture pour le troisième trimestre.
L'activité automobile de PSA (qui exclut en particulier le métier de financement de PSA Banque) a renoué avec la croissance au troisième trimestre, confirmant le rebond de la demande observé sur les marchés européens et asiatiques. Le chiffre d'affaires a ainsi progressé de 1,2% par rapport à l'année dernière, à 11,96 milliards d'euros. Un montant supérieur de 10% au consensus des analystes. La direction explique que le chiffre d'affaires a bénéficié d'un effet positif de 5,8 points de pourcentage du "mix" produit, en partie grâce aux derniers lancements du groupe - les nouvelles Peugeot 208, Peugeot 2008 et Opel Vauxhall Corsa. Au total, les revenus ont reculé de 0,8%, à 15,45 milliards.
Le rebond du carnet de commandes observé au troisième trimestre se confirme : le directeur financier Philippe de Rovira a estimé que la production de PSA au quatrième trimestre devrait être "légèrement" supérieure à celui de la même période de 2019 - dans l'hypothèse où il n'y aurait pas de reconfinement "majeur". Sur la base de ce scénario, il imagine que le flux de trésorerie libre du groupe sera positif en 2020.
FCA, qui publiait des résultats trimestriels détaillés, a ainsi renoué avec les bénéfices grâce au rebond particulier du marché nord-américain. Son résultat opérationnel ajusté, de 2,28 milliards d'euros, est même deux fois supérieur au consensus des analystes, qui le donnait à 1,15 milliard. Son anticipation d'un résultat compris entre 3 et 3,5 milliards en 2020 ne tient en revanche pas compte des nouvelles perturbations.
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