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Safran rassure à court terme

Lot de consolation dans un climat économique à nouveau très incertain, les investisseurs ont salué la capacité de l'équipementier aéronautique à redresser la barre au troisième trimestre. Mais la situation reste difficile.
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Le marché s’en est contenté. Safran a publié ce matin un chiffre d’affaires en forte baisse au troisième trimestre (-44,5 % par rapport l’année dernière, à 3,38 milliards d’euros, soit -42 % à périmètre comparable) ; mais les revenus engrangés sont stables par rapport à ceux du trimestre précédent. Le fait qu’il n’y a pas d’aggravation a en soi été salué, étant donné que l’équipementier aéronautique et de Défense est fortement exposé à l’effondrement du secteur aérien civil : les compagnies aériennes ont considérablement réduit leurs commandes auprès des grands avionneurs comme Airbus et Boeing (dont Safran est l’un des premiers fournisseurs) ; les restrictions de déplacement ont également limité leurs besoins en services et de pièces de rechange.

En revanche, et c'est un bon point salué par les analystes, les revenus de l'activité - scrutée de près -  de services pour moteurs civils (dont il est l’un des premiers fabricants mondiaux via sa joint-venture CFM International avec General Electric) se sont moins érodés qu'au trimestre précédent : ils ont chuté de 56 % sur un an au troisième trimestre, après une chute de 66 % sur un an au deuxième trimestre. La faible différence peut prêter à sourire, mais c'est la tendance que les investisseurs ont regardée. 

Safran a également soulagé les investisseurs en délivrant deux messages positifs. D'abord, une confiance dans sa capacité à attendre ses prévisions pour l'exercice 2020 : à savoir une baisse d'environ 35 % de son chiffre d'affaires ajusté annuel, pour une marge opérationnelle courante de 10 %, avec une génération de flux de trésorerie disponible au second semestre. Au cours des neuf premiers mois, le chiffre d'affaires a baissé de 33 % (à 12,15 milliards d'euros). Ensuite, le probable dépassement de son objectif de réduction des coûts - avec ses conséquences sociales. Au 16 octobre, Safran a réduit ses effectifs permanents d'environ 16 % et de 20 % si l'on tient compte des intérimaires : le groupe compte désormais 81.200 salariés. Il a également réduit ses dépenses de sous-traitance de 42 % au troisième trimestre ; au cours des neuf premiers mois, il a rogné ses dépenses d'investissements (capex) de 74 % (soit 14 points de pourcentage de plus que son objectif pour l'année) et celles de R&D de 33 % (trois points de plus). "Plus que jamais, nous continuons à réduire nos coûts, mais sans compromettre nos feuilles de route technologiques", a confirmé Philippe Petitcolin, directeur général de Safran.

Mais évidemment l'important est l'avenir : les restrictions de déplacement en Europe décidées ces derniers jours ont éloigné un peu plus la perspective d'un redressement de l'activité des compagnies aériennes, clients finaux des équipementiers aéronautique. Philippe Petitcolin a estimé que la production ne devrait pas être affectée à court terme. Mais c'est le long terme qui fait défaut. Conscient de l'importance de la chaîne d'approvisionnement, le DG de Safran a toutefois indiqué qu'il regardait "avec intérêt" l'avenir d'Aubert & Duval, fournisseur essentiel de matériaux à hautes performances dont Eramet pourrait se déparer. Selon certaines rumeurs, une candidature commune avec Airbus serait à l'étude.

Les investisseurs ont préféré retenir la confiance de Safran et son activité stabilisée, quitte à ne pas trop se soucier de l'avenir à moyen et long termes du secteur aérien. L'action s'est envolée de 4,4 % en matinée, soit la meilleure performance du CAC 40 au même moment. A la cloture, le titre affichait une hausse de 3,4 % (à 90,52 euros), dans un CAC 40 en hausse de 0,54%.

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