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Suez : Veolia est prêt au rapport de force

Le groupe d'Antoine Frérot accélère le calendrier de prise de contrôle et se dit prêt à passer outre l'approbation du conseil d'administration de Suez.
Antoine Frerot - Veolia
Antoine Frerot - Veolia

Veolia accélère le processus d'acquisition du Suez, devant ce qu'il estime être une mauvaise volonté de ses dirigeants et de son conseil d'administration. Le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets en a communiqué ce matin le calendrier et les termes. D'une part, il s'est engagé ce matin à déposer une Offre publique d'achat (OPA) sur le capital de Suez qu'il ne possède pas encore au prix de 18 euros par action, soit le même prix auquel il a acquis 29,9% auprès d'Engie. D'autre part, il lancera l'opération dès que le conseil d'administration de la cible aura approuvé le projet d'acquisition et désactivé la fondation néerlandaise dans laquelle il a isolé l'activité Eau France de Suez pour la rendre inaccessible. Jusqu'à présent, Veolia envisageait de déposer son offre dans un délai de 12 à 18 mois, au plus tard après l'obtention des autorisations des autorités de la concurrence.

Enfin, Veolia a lancé une action en nullité auprès du tribunal de commerce de Nanterre. Ses avocats (des cabinets Cleary Gottlieb et Gide Loyrette Nouel) indiquent avoir identifié six causes de nullité de la fondation. Ils expliquent notamment à l'occasion de la conférence de presse organisée ce matin qu'"elle remet en cause l'attribution des pouvoirs de Suez. On ne peut retirer aux organes de la société leurs prérogatives propres : la fondation n'est pas un organe de la société Suez. On est en outre face à un mécanisme sans aucune contrepartie. Il y a donc destruction de valeur, puisque la fondation rend l'actif inaliénable alors qu'il est disponible", un préjudice qu'ils évaluent à plusieurs centaines de millions d'euros.

En confirmant le prix, le groupe dirigé par Antoine Frérot rassure les actionnaires minoritaires de Suez (dont certains, comme le fonds Ciam, s'étaient déjà manifestés), qui disposent ainsi d'un argument de poids pour faire pression sur le conseil d'administration et bénéficier de l'offre. Au cours de la conférence de presse, Antoine Frérot a d'ailleurs demandé aux actionnaires de faire "pression sur le conseil d'administration pour qu'il désactive l'entité néerlandaise et qu'il ne réalise pas de cessions d'actifs importants", sachant que Suez mène bon train les cessions prévues par son plan stratégique Suez 2030, au grand dam de Veolia qui aurait souhaité conserver certains actifs déjà vendus (comme les activités recyclage dans quatre pays d'Europe vendues à l'allemand PreZero). "A défaut, exprimez-vous lors de la prochaine assemblée générale", demande Antoine Frérot aux actionnaires de Suez.

Mais le prétendant ne s'arrête pas aux injonctions. Lassé des fins de non recevoir que lui opposent les administrateurs et les dirigeants de Suez, notamment dans la consultation des instances représentatives du personnel, il est désormais prêt à revenir sur l'engagement pris auprès d'eux, mais aussi du gouvernement français, en lançant son OPA même sans l'aval du conseil d'administration de Suez "dans sa forme actuelle". "Puisque le conseil de Suez ne veut même pas décrocher son téléphone pour écouter mon projet, je vais le présenter directement aux actionnaires de Suez. Cela signifie, de manière simple, que l'OPA se fera, quoi qu'il arrive et au plus tard après la prochaine assemblée générale", a affirmé Antoine Frérot, en précisant : "Il y aura une AG avant la fin des démarches antitrust, qui prendront entre 12 et 18 mois. Au plus tard en juin 2021". Sachant que Veolia déposera dans le courant du mois de novembre auprès des autorités de la concurrence les pré-notifications nécessaires à l'acquisition.

Et dans cette perspective, Veolia souffle encore le chaud et le froid. Son patron indique qu'il ne demandera pas de sièges au conseil d'administration en vue de cette AG ; mais il pose ses conditions. "Si nos intérêts patrimoniaux sont menacés, notamment si la direction prenait des décisions qui détruiraient de la valeur, nous demanderions aux autorités de la concurrence de nous autoriser à voter pour protéger nos intérêts", menace-t-il. Et d'énumérer certains actifs de Suez qui lui semblent stratégiques, comme l'espagnol Agbar et les activités australiennes.

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