Taux - Dette Souveraine
Taux - Dette Souveraine
L'Etat vit à crédit
L'Agence France Trésor a présenté la semaine dernière son programme de financement révisé, afin de tenir compte des nouvelles dépenses de l'Etat, présentées en PLFR 4. Ainsi, ces mesures supplémentaires déployées par le Gouvernement pour limiter l’impact de la seconde vague de la crise sanitaire sur l’économie se traduisent par une augmentation du déficit budgétaire à 222,9 milliards d’euros, contre 206,0 milliards d’euros prévus pour 2020 dans le projet de loi de finances pour 2021 adopté le 28 septembre dernier en conseil des ministres (PLF 2021). En conséquence, les émissions de moyen et long terme nettes des rachats s’établiront à 260 milliards d'euros (sans changement par rapport au PLF 2021) tandis que les émissions de court terme progresseront de 10,5 milliards (à 53,3 milliards).
Certes, ce montant record n'aura heureusement qu'un faible impact sur la charge de la dette de l'Etat, vu la faiblesse des taux d'intérêt. La France se finance ainsi à taux négatifs jusque sur les échéances de 15 ans. Du coup, la prévision de charge de la dette au titre de 2020, qui était de 38,1 milliards d'euros en loi de finance initiale, n'est plus que de 35,8 milliards. Et pour l'an prochain, le PLF prévoit une légère augmentation de la charge de la dette, qui passerait à 36,4 milliards d’euros. Cette augmentation se fonde sur un scénario de remontée des taux longs, avec un taux à 10 ans attendu à 0,20 % fin 2020 et 0,70 % fin 2021.
Pas d'inquiétude à court terme donc. En revanche, l’accroissement du stock de dette a un impact sur le refinancement des OAT arrivant à terme, qui s’ajoute chaque année à la nécessité de financer le déficit de l’année. C’est donc un montant de plus en plus élevé de dette qui devra être émis par l’Agence France Trésor chaque année.
Dès lors, le montant des émissions d’OAT en 2021, comme en 2020, de 260 milliards d’euros est désormais égal au montant des recettes fiscales nettes de l’État, alors qu’il était deux fois inférieur avant la crise de 2009-2010. L’État français en somme, se finance désormais autant par l’endettement que par l’impôt.
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