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Les avions ne sont pas près de redécoller
Après la compagnie britannique FlyBE, c'est au tour de la compagnie aérienne low cost Norwegian d'être proche du gouffre : elle met deux de ses principales filiales en faillite afin de se protéger de ses créanciers. Ce mois-ci a été la goutte de trop, le gouvernement norvégien lui a refusé une aide publique supplémentaire le 9 novembre et la semaine dernière, la société annonçait une perte trimestrielle de 91,2 millions d’euros. Ses filiales Norwegian Air International et Arctic Aviation Assets ont été placée jeudi dernier sous protection de la loi irlandaise sur les faillites, alors que ses employés manifestaient la veille devant le siège social de la société à Oslo. Seule porte de sortie pour la société : réduire sa dette, redimensionner sa flotte et obtenir de nouveaux capitaux. Le processus devrait prendre jusqu’à cinq mois. Le dirigeant du groupe estime malgré tout que la société parviendra à sortir de cette mauvaise passe grâce à son niveau de liquidité. La possible reprise d'activité des Boeing 737 MAX devrait aider, la société étant détentrice de dix-huit d'entre eux, maintenant cloués au sol depuis deux ans.
Son cas n’est pas esseulé. Si c’est la seule ce mois-ci à être en état de faillite, c’est l’ensemble des compagnies aériennes à bas coût qui sont fortement touchées en Europe, continent particulièrement affecté car le plus concerné par les mesures de restriction de mobilité. Concernant les dynamiques de prix des billets en classe économique, Ryanair qui estimait le repli de ce prix à 8 %, table aujourd’hui sur une baisse de 19 %, Easyjet revoit son estimation de - 23 % à - 28 % et IAG de – 17 % à -22 % selon le communiqué UBS dans le cadre de son "Evidence Lab" sur l’état des compagnies d’aviation européennes. Les mastodontes de l’industrie sont relativement moins affectés. Ils revoient néanmoins leurs perspectives de prix des billets du quatrième trimestre au rabais. Air France-KLM estime que les prix des billets connaîtront un repli de 3 % et Lufthansa estime ce repli à 1 %. Les analystes UBS prévoient que, à l’exception de la compagnie allemande Lufthansa, l’ensemble des compagnies européennes devront brader le prix des places à bord de leurs avions. En moyenne, le prix d’une place économique connaîtra une baisse de 15 % et celui d’une place premium de 10 % au quatrième trimestre selon leurs prévisions.
Le secteur dans son ensemble
L'Europe se fond dans la tendance mondiale. L’annonce d'un vaccin bientôt disponible n’a pas suffi à améliorer les prévisions des compagnies d’aviations concernant le mois de décembre. Toutes sont revues à la baisse : le déclin prévu de 50 % du trafic aérien est maintenant estimé à 59 %, celui des réservations estimé à 61 % et la baisse des recettes est estimée à 72 %. Les compagnies aériennes ont besoin d'un nouveau plan de soutien selon Alexandre de Juniac, P.-D.G. de l'Association internationale du transport aérien (Iata) qui s'est exprimé ce vendredi. Il chiffre cette aide supplémentaire nécessaire entre 70 et 80 milliards de dollars, un montant qui viendrait s'ajouter à la somme versée jusqu'à présent au secteur, de l'ordre de 160 milliards de dollars, par les gouvernements. Les recettes totales du secteur baisseront de plus de 400 milliards de dollars pour l'ensemble de l'année 2020 selon les pronostics du cabinet de conseils Mc Kinsey.
Concernant l'année prochaine, dans le meilleur des cas, les analystes Moodys estiment que les recettes seront d'environ 155 milliards de dollars, soit l'équivalent de la moitié de celles de 2019. Certaines régions pourraient ne pas voir de retour aux niveaux prépandémiques de trafic avant 2024 selon l'Iata.
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