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FFP s'allège opportunément dans Safran
FFP s'était retrouvé actionnaire de Safran lorsque le motoriste aéronautique a acquis en 2018 Zodiac Aerospace, dont il détenait à l'époque 5,2 % du capital après y être entré en 2006. La société d'investissement de la famille Peugeot a profité du rebond boursier de Safran ces dernières semaines pour vendre sur le marché près d'un tiers de sa participation, soit environ 1,1 million de titres pour 132 millions d'euros, dans le cadre d'un contrat de cession à terme à échéance mars 2021 - logique puisque la majeure partie des titres était soumise à un engagement de conservation de trois ans.
Le secteur aéronautique souffre beaucoup depuis le début de la crise sanitaire : la restriction des déplacements a plombé l'activité des compagnies aériennes, clientes principales des groupes d'aéronautique civile, en particulier de Safran, l'un des trois plus gros motoristes au monde avec General Electric et Rolls Royce. Mais l'action s'est adjugée 34,3 % ces 30 derniers jours pour clore hier la séance à 122,25 euros : il a retrouvé des couleurs à la faveur des annonces de résultats favorables des candidats vaccins de Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca contre la Covid-19, de l'autorisation de vol du Boeing 737 Max, dont il fournit les moteurs via son joint-venture CFM International (avec GE), après 20 mois de suspension, de l'élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis et de certains éléments rassurants de son résultat du troisième trimestre.
FFP n'a pas raté ce momentum positif sur l'action Safran, qui était, rappelons-le, tombé à 53 euros le 18 mars après les annonces de confinement en Europe et la guerre du pétrole que se livraient Russes et Saoudiens. Depuis l'absorption de Zodiac par Safran, l'investissement de FFP affiche un taux de rendement interne (TRI) de 14,4 %, précise le holding familial dans son communiqué.
En février 2018, suite au rapprochement, FFP avait récupéré 2,83 millions d'actions Safran, avec un engagement de conservation de trois ans, et avait acquis environ 375 000 actions supplémentaires sur le marché au prix de 82,60 euros (soit 32,4 % de moins que le cours d'hier). Au total, ceci représentait, jusqu'à hier, 0,8 % du capital du motoriste.
Le prix de cession montre que le ou les acquéreurs ont foi dans le potentiel de hausse de Safran, malgré les incertitudes qui planent sur la vitesse de redressement du secteur aérien, qui prendra de toute façon plusieurs années même en cas de confirmation des vaccins - quatre selon les prévisions de l'IATA. Certains courtiers, à l'instar de Berenberg, voient en effet l'action grimper jusqu'à 140 euros.
Le contexte de volatilité des marchés est risqué pour les sociétés comme FFP, dont l'unique activité est l'investissement. Mais elle est aussi source d'opportunités qu'il faut savoir saisir en menant une rotation d'actifs opportuniste. L'opération sur Safran l'illustre. "Dans une année affectée par la crise sanitaire et ses conséquences économiques, FFP aura à la fois saisi de nouvelles opportunités d’investissement et su être agile en tirant parti de la volatilité des marchés pour sécuriser certaines plus-values significatives", estime ainsi Bertrand Finet, directeur général de FFP.
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