Fonds d'investissements
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Le fonds norvégien publie ses recommandations anti-corruption
Les entreprises dans lesquelles le fonds souverain norvégien se doivent d'être irréprochables, sous peine d'être exclues du portefeuille du fonds. Le Governement Pension Fund, qui a fait de l'investissement éthique et responsable son principal mot d'ordre depuis sa création a donc publié à cet effet une note destinée à aider les entreprises à traquer la corruption et la fraude en leur sein. "Les rapports publics sur les outils, les approches et les mesures utilisés pour mesurer l'efficacité des efforts de lutte contre la corruption sont encore relativement limités. Pour les investisseurs comme Norges Bank Investment Management, ces informations sont importantes pour analyser les opportunités et les risques liés aux investissements", explique ainsi le NBIM en introduction.
Le document, qui présente une batterie d'indicateurs à surveiller pour éviter le risque de corruption est le fruit d'une étude menée avec l'Institut de Bale sur la Gouvernance, dans le secteur pharmaceutique. Mais le fonds explique que ces recommandations peuvent s'appliquer à tous les autres secteurs. Ces 17 indicateurs sont articulés autour de cinq grandes thématiques : la culture d'entreprise, la gestion du risque, les tierces parties, les fonctions de conformité et la surveillance.
Côté culture d'entreprise donc, la note souligne à la fois que l'intégrité doit faire partie des valeurs individuelles des salariés et des objectifs de performance de l'entreprise. La fréquence des mentions la lutte contre la corruption dans la presse ou sur la place publique de la part des dirigeants peut constituer une façon de mesurer l'attachement de l'entreprise à ce principe, poursuit le NBIM. Du point de vue de la gestion du risque, le fait pour les entreprises, de posséder des outils pour évaluer le risque de corruption leur permet ensuite d'allouer leurs ressources en conséquence. Parmi les critères retenus pour évaluer une entreprise sur ce sujet, le fonds cite notamment le fait que celle-ci a mis ou non en place des indicateurs clés de performance (KPI) en matière de lutte contre la corruption, utilisés pour mesurer le programme de conformité.
Les tierces parties, définies au sens large comme acteurs extérieurs à l'entreprise avec qui celle-ci interagit, sont une source de corruption importante. Selon le fonds, les entreprises doivent donc avoir mis en place des garde-fous pour éviter de traiter avec des intermédiaires peu scrupuleux. Parmi ces instruments, le plus évident est de mettre en place un processus de sélection méticuleux. L'entreprise doit ainsi pouvoir être en mesure de préciser combien de tierces parties elle a étudié avant de la sélectionner et les raisons de son choix.
Côté conformité, le fonds estime que les entreprises doivent disposer d'une organisation totalement transparente et notamment en ce qui concerne la partie gestion de la conformité et la façon dont elle est structurée. Le conseil d'administration doit également régulièrement aborder le sujet de la lutte anti-corruption et prouver que l'entreprise y accorde des ressources suffisantes.
Ce petit tableau de bord réalisé par le fonds norvégien est une bonne illustration de la façon dont l'investisseur souverain gère lui-même sa politique de placement. En 2011, le fonds avait ainsi placé Alstom sous surveillance, pour "soupçon de corruption massive" dans certaines des filiales de l'entreprise. Le ministre des finances norvégien avait alors a demandé au Conseil d'éthique du fonds d'observer l'entreprise et de suivre l'évolution des efforts de lutte contre la corruption sur une période de quatre ans. Ce n'est qu'en 2015, après avoir constaté que le risque de corruption était désormais réduit, que le fonds avait accepté de mettre fin à l'observation d'Alstom.
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