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2019-2020 : piste noire pour la Compagnie des Alpes
Difficile d’aller skier en plein confinement, encore plus d’aller au Musée Grévin quand il est fermé. Et les résultats annuels du groupe qui gère notamment le Parc Astérix ou encore de la station Tignes-Val témoignent de la déflagration : le chiffre d’affaires a baissé de 28,3 % à périmètre comparable par rapport à l’exercice précédent, pour atteindre 615,6 millions d’euros (contre 854 millions d’euros en 2018-219). Dans le détail, l’activité domaines skiables a perdu 18,8 % à 360,2 millions d’euros "en raison de la fermeture des domaines imposée par la crise sanitaire entre mi-mars et le démarrage de la saison ski d’été" explique le groupe dans un communiqué. L’activité parc de loisirs perd elle 39 % à 231,1 millions d’euros. Ce sont "les conséquences de la pandémie du Covid-19 qui ont retardé l’ouverture de la haute saison de près de 3 mois". Preuve de l’impact de la pandémie : l’activité du secteur était pourtant en hausse de 12,3 % mi-mars avant les fermetures administratives.
Nécessairement, cela doit se voir dans l’Excédent brut opérationnel, qui baisse de 59,1 % à 93,8 millions d’euros. Pourtant, la baisse du chiffre d’affaires pour le segment des domaines skiables a été compensée à 45 % par la baisse des charges opérationnelles (baisse représentée à 67 % par la diminution des frais de personnels et 21 % par les redevances et taxes), mais l’EBO y reste en baisse de 25,5 % à 123,3 millions d’euros. Pire, si la baisse d’activité des parcs de loisirs a été compensée à 30 % par la baisse des charges opérationnelles (dont 44 % de dépenses de personnels et 24 % des coûts matière), l’EBO du segment perd 98,8 % pour s’établir à 1,2 million d’euros.
Finalement, Compagnie des Alpes accuse une perte nette de 104,3 millions d’euros pour l’exercice clos le 30 septembre, loin des 62,2 millions d’euros de gains de l’exercice 2018-2019. À noter que le groupe a fait face à des éléments exceptionnels pour 69,6 millions d’euros lors de l’exercice, dont 65,3 millions d’euros de dépréciations d’actifs. "Ces dépréciations reflètent à la fois l’impact mécanique de la hausse de la prime de risque du marché et une prudence justifiée par le contexte de crise sanitaire et les conditions difficiles auxquelles le Groupe fait face depuis 8 mois et qui risquent de se poursuivre à court terme" explique-t-il. Au total, le free cash-flow opérationnel est négatif : -66,8 millions d’euros.
Pour le premier trimestre de son nouvel exercice, le groupe anticipe une baisse des revenus de l’ordre de 50 millions d’euros dans l'activité Parcs de loisirs, notamment à cause de la fermeture de parcs pour la fête d'Halloween ou des fortes contraintes pour leur ouverture, mais aussi à cause de la fermeture pour Noël et de la fermeture pour la plupart jusqu'au printemps. Pour le segment des domaines skiables, la fermeture jusqu'à présent et probablement prolongée jusqu'à la mi-janvier devrait faire perdre 100 millions d'euros d'activité. Grâce à des baisses de charges, le groupe espère compenser à hauteur de 25 % à 30 % le manque d’activité. Les investissements devraient aussi être ajustés d’une trentaine de millions d’euros pour atteindre une fourchette de 120-160 millions d’euros. Avec 310 millions d’euros de trésorerie disponible à la clôture de l’exercice, "le Groupe est donc confiant dans sa capacité à couvrir ses besoins de liquidités jusqu’à la fin de l’année civile 2021, même dans des scenarii très dégradés".
L’action perdait 1,60 % à midi à 19,68 euros.
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