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Politique économique

Politique économique

L'année 2021 vue par... Raphaël Gallardo, économiste en chef de Carmignac

WanSquare a demandé à des économistes et des dirigeants de grandes entreprises de livrer leur vision pour 2021 après l'éprouvant millésime 2020. Chaque jour nous publions leurs réponses aux questions que vous vous posez. Une série à lire et à conserver précieusement.

Quelles mesures fortes attendez-vous de Joe Biden après son entrée en fonctions ?  
 

La première priorité de Biden sera de gérer la crise sanitaire. Le rythme de progression du virus continue d’accélérer et risque d’empirer encore avec les mouvements de population pendant les fêtes de fin d’année. Dans une quinzaine d’Etats, les hospitalisations progressent de plus de 10% par semaine, ce qui risque de créer des situations de saturation. En parallèle, l’administration Biden devra prendre en main la coordination avec les Etats pour la distribution du vaccin anti-COVID.

Il y a également urgence pour éviter une ‘falaise budgétaire et réglementaire' dans laquelle l’économie risque de glisser au 1er janvier 2021 si le Congrès n’agit pas cette semaine. Du point de vue budgétaire, il faut non seulement éviter un arrêt des programmes fédéraux de soutien aux chômeurs (PUA, PEUC) mais aussi la fin du programme de prêts subventionnés aux entreprises (Paycheck Protection Program), et trouver un moyen de soutenir les finances publiques des Etats et gouvernements locaux, qui ont besoin de fonds à court terme pour mettre en place les campagnes de vaccination. Du point de vue réglementaire, le moratoire sur les évictions de locataire, sur le paiement des dettes étudiantes et crédits immobiliers prend fin au 31 décembre 2020.

Même si le Congrès trouve un expédient de court-terme avant la fin de l’année, il est fort probable que ces sujets reviennent sur le devant de la scène rapidement.

Les promesses de campagne de Biden sur les infrastructures, les dépenses sociales, le changement climatique, et les hausses d’impôts pour les entreprises et ménages aisés viendront après, et ne verront le jour que si les Démocrates gagnent une courte majorité au Sénat grâce à une double victoire aux sénatoriales de Géorgie le 5 janvier prochain.

 

Voyez-vous l’Euro continuer à s’apprécier face au dollar ?  

Oui, la valeur d’équilibre de l’euro face au dollar se situe à 1.25 d’après nos modèles fondamentaux. La parité de pouvoir d’achat est encore plus élevée, à 1.40, mais elle est une force de rappel sur le très long terme uniquement.

Le grand changement par rapport à 2019 est que la baisse des taux de la Fed a réduit le coût des protections cambiaires pour les institutionnels européens investis en obligations américaines (souveraines ou privées). Dès lors, ces investisseurs peuvent choisir d’accroître la protection contre le risque de change sur leurs portefeuilles de titres américains, ce qui est équivalent, du point de vue du marché des changes, à vendre le dollar.

La hausse de l’euro est bien sûr un facteur désinflationniste pour la zone euro, ce qui complique la tâche déjà difficile de la BCE. Mais l’appréciation contre dollar est plus facilement acceptable car il s’agit d’un mouvement général de baisse du dollar. Par rapport à un panier de devises pondéré selon le commerce externe de la zone euro, l’appréciation de l’euro est plus limitée que ce que l’on peut mesurer contre le seul dollar. Notamment, le renminbi chinois est plus important pour le niveau effectif de l’euro, que le dollar. Or l’euro s’est déprécié contre le RMB de 3.7% depuis le mois d’août.

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