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L'apparition d'une nouvelle souche de coronavirus relance l'inquiétude
Nouveau coup de froid sur les marchés. La découverte dans le sud et d'est de l'Angleterre d'une souche mutante du coronavirus, pas plus dangereuse mais encore plus contagieuse que celle qui a déjà provoqué la mort de 1,7 million de personnes dans le monde, provoque déjà des perturbations dans les déplacements internationaux et fait chuter les Bourses ce matin.
L'indice large Stoxx Europe 600 perdait 2% peu après 10 heures, le CAC 40 français 2,5%, le DAX allemand 2,2% et le FTSE 100 britannique 1,3%.
Le fait que la souche était ce week-end essentiellement concentrée outre-Manche a incité à vouloir isoler le Royaume-Uni pour éviter qu'elle ne se diffuse, alors que l'île a elle-même imposé le confinement dans les régions les plus affectées, en fermant par exemple les commerces non-essentiels. Cela a conduit plusieurs pays européens, mais aussi d'autres continents (Canada, Israël), à suspendre leurs liaisons aériennes et ferroviaires vers et en provenance du pays. La tendance ne devrait pas fléchir, étant donné que l'on a découvert lundi au fur et à mesure de la journée des traces de la nouvelle variante du coronavirus en Europe continentale (Italie, Pays-Bas, Danemark notamment), mais aussi en Australie.
Les autorités n'ont pas cherché à minimiser le danger : le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, a expliqué que la variante du coronavirus était "hors de contrôle". Ailleurs, les autorités n'excluent rien : à l'image du ministre de la Santé Olivier Véran. "Il est tout à fait possible que le virus circule en France. Il a été identifié une fois en Italie. […] Donc autant éviter, tant que l'on n'a pas toutes les connaissances sur ce variant, de faire circuler cette souche", a-t-il expliqué ce matin sur Europe 1.
Les décisions de durcissement des restrictions de déplacement internationales qui ont commencé à être prises ont logiquement pesé sur les valeurs du transport, qu'il s'agisse de compagnies aériennes ou d'infrastructures. Peu après l'ouverture des marchés, IAG (la maison-mère de British Airways et d'Iberia) s'est effondré de près de 14%, Air France-KLM perdait 11%, Lufhansa 7% et Groupe ADP (l'opérateur des aéroports de Paris) 4,7%. Getlink, l'opérateur du tunnel sous la Manche, visé au premier chef, d'autant plus qu'il subit les conséquences des difficiles négociations sur le Brexit, chutait de plus de 7%.
Comme lors du premier confinement en mars, les entreprises liées au tourisme et au commerce - évidemment dépendantes de la liberté de circulation - ont également subi la désaffection des investisseurs : le spécialiste des centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield et le groupe hôtelier Accor sont également en forte baisse.
Corolaire de cette nouvelle menace sur l'économie mondiale, le cours du brut a chuté, entraînant dans son sillage les valeurs pétrolières. La compagnie pétrolière Total a perdu plus de 5%, de même que les sociétés de services parapétroliers TechnipFMC et CGG.
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