WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Fin de la guerre de trois ans chez Tereos

Le groupe coopératif sucrier français a vu le pouvoir basculer au sein de son conseil, sur fond de critiques émises depuis trois ans concernant la stratégie et un endettement significatif.
Tereos - logo
Tereos - logo

Le couperet est tombé le 18 décembre dans un communiqué de presse qui se voulait d’une limpidité rare dans cette affaire : "le Conseil de surveillance de Tereos SCA s’est réuni ce jour à 18 heures et a élu M. Gérard Clay en qualité de président ". Ajouté à cela la nomination de Philippe de Raynal comme président du directoire de Tereos SCA, succédant à M. Alexis Duval, et de M. Gwenaël Eliès comme membre du directoire en charge des finances de Tereos SCA, en lieu et place de Mme Stéphanie Billet, et c’est la fin d’une guerre de trois ans qui se dessine.

Guerre de trois ans car cela fait depuis 2017 que des critiques se font entendre sur la direction du groupe - créé en 2002 avec le rachat de Béghin-Say.  À cette époque, une première fronde est lancée, menée notamment par Gérard Clay, vice-président du conseil de surveillance, qui s’inquiète de la situation financière du numéro deux mondial du sucre. Il faut dire qu’Alexis Duval, qui n’est d’autre que le petit-fils du fondateur Jean Duval et fils de l’ancien président Philippe Duval, mène une véritable stratégie d’internationalisation : Europe, Brésil, Asie et Afrique deviennent le nouveau terrain de jeu du groupe. Certes, cela fait grimper le chiffre d’affaires, proche des 4,5 milliards d’euros pour l’exercice fiscal clos le 31 mars 2020, mais aussi l’endettement. La dette est estimée à 2,55 milliards d’euros. Dès décembre, Gérard Clay se présente alors à la présidence du conseil de surveillance, mais échoue à une voix près, nourrissant le début d’une longue bataille.

Les événements se succèdent alors dans cet état d’esprit : au cours de l’assemblée générale de l’été 2018, par exemple, Gérard Clay perd son mandat au conseil de surveillance, provoquant la démission de certains membres en preuve de soutien. Une bataille médiatique est alors lancée pour dénoncer la gouvernance alors que la baisse des prix engendrée par la fin des quotas sucriers européens menace la stabilité financière de Tereos. En effet, si Alexis Duval peut se targuer d’avoir augmenté le résultat opérationnel de 53 % à 420 millions d’euros pour l’exercice clos le 31 mars, la dette n’a baissé que de 57 millions d’euros sur un an. Si un frondeur a pu réintégrer le conseil de surveillance à l’époque (M. Laude), Gérard Clay lui n’a pas cette chance.

En mars 2019, les critiques prennent une autre ampleur. Huit coopérateurs, groupe à la tête duquel se trouve Gérard Clay, déposent une plainte pour acte de terrorisme et complicité devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils accusent la direction d’avoir commercé avec Daech. Si la plainte est classée sans suite par manque de preuves, cette étape est essentielle. En effet, les désormais ex-dirigeants avaient saisi le tribunal de Senlis en référé pour essayer d’interdire la présence de trois frondeurs au conseil de surveillance, en raison des "dénonciations calomnieuses" étudiées par le tribunal de Paris - une raison qui suffit dans la chartre de Tereos pour leur interdire de siéger, rapporte les Echos. Manqué : sans mandat au moment du dépôt de plainte, le juge les a jugés simples "coopérateurs" à l’époque, et donc ayant le droit de siéger. Dès lors, le groupe a informé que les Gérard Clay, Xavier Laude et Jérome Hary ont pu participer au conseil, amenant l’élection du premier à son nouveau poste avec 13 suffrages sur 15 et 2 votes blancs, dans un conseil comptant 25 membres.  

Gérard Clay est donc l’acteur principal. Planteur de betteraves du Pas-de-Calais, il symbolise les difficultés des actionnaires du groupe, qui ne sont autres que les sucriers coopérateurs membres de Tereos, qui subissent les conséquences des baisses des prix. La crise de la Covid-19 avait provoqué une baisse de 18% au début de l’été par rapport à janvier du cours du sucre à l’international, baisse qui n’a toujours pas été rattrapée. Joint par WanSquare, le groupe n’a pas souhaité prendre notre appel, traduisant sans doute les difficultés qui attendent la nouvelle équipe, entre baisse des prix et nécessaire diminution de l’endettement.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article