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À défaut de vaccin, Sanofi pousse ses pions
Si le français Sanofi accuse du retard dans la course au vaccin contre le coronavirus, il continue ses emplettes dans ses secteurs désormais prioritaires. En l'occurrence, l'immunologie. Le groupe pharmaceutique a ainsi signé l'acquisition de Kymab, une biotech britannique spécialisée dans le développement d'anticorps monoclonaux entièrement humains indiqués en immunologie et en immuno-oncologie (domaine lié au cancer). Le montant de la transaction pourra atteindre au maximum 1,45 milliard de dollars : 1,1 milliard versé initialement et jusqu'à 350 millions payés ultérieurement en fonction de la réalisation de différentes phases de développement.
En terme scientifique, mais aussi commercial, l'acquisition de Kymab (qui a émergé dans le cluster foisonnant en biotech de Cambridge) permet à Sanofi d'obtenir les droits sur plusieurs anticorps et d'enrichir ainsi son portefeuille en développement. Notamment le KY1005 qui, si les essais allaient à leur terme et se révélaient concluants, permettrait de traiter certaines maladies auto-immunes et inflammatoires, ainsi que le KY1044, pour le traitement du cancer.
Sanofi avait pris un certain retard dans les relais de croissance que sont l'immunothérapie et l'oncologie. En 2016, cette dernière ne représentait que 15 % de son budget de recherche et le groupe avait échoué à acquérir Medivation, ravi par son rival Pfizer pour 14 milliards de dollars. Désormais, l'immunologie-inflammation et l'oncologie (dont l'immuno-oncologie) constituent deux des quatre axes de la stratégie revendiqués par Sanofi (les deux autres étant les maladies rares et les vaccins). L'oncologie représentait en 2020 40 % du budget de sa recherche.
Face à des développements de plus en plus coûteux et des réglementations plus sévères, les grands groupes pharmaceutiques préfèrent nouer des partenariats ou acquérir des start-up et des jeunes biotechs concentrées sur un nombre très limité de spécialités. Sanofi ne fait pas exception. Avant Kymab, il a acquis la néerlandaise Kiadis, biotech spécialisée dans les traitements à base de cellules "natural killer" prêtes à l'emploi, pour 308 millions d'euros, le spécialiste américain des maladies auto-immunes Principia Biopharma pour 3,7 milliards de dollars, et le laboratoire américain de traitements immuno-oncologiques Synthorx, pour 2,5 milliards de dollars. Sanofi peut aisément financer de telles opérations grâce à la cession de sa participation dans Regeneron pour 11,7 milliards de dollars. Le groupe français financera d'ailleurs l'acquisition de Kymab avec sa trésorerie. "L'acquisition de Kymab confirme le sentiment que Sanofi utilise sa trésorerie pour renforcer son portefeuille en développement en acquérant des biotechs de taille petite ou moyenne", indique Vincent Gusdorf, analyste-crédit chez Moody’s.
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