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LVMH, luxe

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LVMH encaisse le coup de 2020

Le groupe de luxe n'a pas pu éviter de subir la crise, mais il a préservé son résultat opérationnel et sa trésorerie. Grâce en particulier au succès de sa division star Mode & maroquinerie en Chine et aux Etats-Unis.
Vuitton - sacs - LVMH
Vuitton - sacs - LVMH

À l'image de sa valorisation boursière, qui a dépassé les 250 milliards d'euros en novembre dernier et n'est pas redescendue depuis, LVMH a terminé l'année 2020 sur une dynamique relativement solide, alors qu'il concluait dans le même temps l'acquisition du géant américain Tiffany tout obtenant un rabais sur son prix d'achat du fait de la crise sanitaire. Comme au troisième trimestre, la vigueur de la reprise asiatique et des ventes en ligne ont permis au groupe de luxe français d'afficher un solide quatrième trimestre étant donné le contexte : le chiffre d'affaires a reculé de 3% à périmètre et change constants par rapport à la même période en 2019 - il atteint 14,3 milliards d'euros, en ligne avec le consensus des analystes. Pour l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires recule de 17% (-16% à périmètre et change constants) et atteint 44,6 milliards d'euros.

Témoin du rôle d'amortisseur joué par les marchés asiatiques (en particulier la Chine, seule économie majeure à afficher une croissance de son PIB en 2020), la part du chiffre d'affaires réalisé sur ce continent (hors Japon) est passée de 30% en 2019 à 34% en 2020. Les ventes y ont ainsi affiché une croissance à deux chiffres au second semestre.

La division Mode et maroquinerie, la première du groupe, a également porté l'activité du groupe, puisque ses revenus n'ont reculé que de 3% l'année dernière ; ils ont même progressé de 18% au cours des trois derniers mois. C'est beaucoup mieux que ce que prévoyaient les analystes, dont le consensus était établi à +12%. "Cette performance devrait faire grimper le cours de l'action LVMH", anticipe Luca Solca, analyste de Bernstein, dans une note (le groupe de luxe a publié ses comptes hier après Bourse). En particulier grâce aux marques Louis Vuitton et Christian Dior, qui ont progressé de plus de 10% au cours des deux derniers trimestres. Les ventes ont rebondi dès le mois d'avril en Chine et à partir de juillet aux Etats-Unis. Contrairement à certains concurrents plus petits, le géant français du luxe a continué à investir dans la publicité. Le maintien de défilés dans les villes de certains marchés cruciaux, comme à Shanghai en Chine, a aussi soutenu les marques, a déclaré le directeur financier Jean-Jacques Guiony. "Louis Vuitton et Dior ont capté l'attention lorsque personne ne communiquait", a-t-il illustré.

Frappée par les fermetures d'enseignes de distribution en raison des mesures de confinement, la Distribution sélective (Sephora, DFS), deuxième division par ordre d'importance, a en revanche vu son chiffre d'affaires plonger de 30%. La division Vins et spiritueux baisse de 14%, mais les ventes de champagne et de cognac se sont redressées à partir du mois de juin, en particulier aux Etats-Unis.

Côté bénéfices, LVMH n'a pas pu esquiver la crise. Son résultat net a chuté de 34%, à 4,7 milliards d'euros. Mais son bénéfice opérationnel de 8,3 milliards d'euros, certes en baisse de 28%, dépasse de près d'un milliard le consensus des analystes ; le groupe peut encore remercier le pôle Mode et maroquinerie, qui représente 86,5% de ce montant et dont le bénéfice n'a reculé que de 2%. Du coup, le niveau de la marge opérationnelle courante, qui baisse de 2,8 points de pourcentage à 18,6%, a également surpris les analystes. LVMH a réussi également la performance de préserver sa génération de trésorerie : son cash-flow disponible n'a baissé que de 1% sur un an, atteignant 6,1 milliards d'euros.

Pour 2021, LVMH se dit évidemment prudent, mais c'est la confiance qui domine. Son PDG Bernard Arnaud estime son groupe "en excellente position pour renforcer encore son avance sur le marché mondial du luxe". Le groupe peut se reposer sur sa diversification tant géographique que dans ses métiers. L'acquisition du joaillier Tiffany pour 13 milliards d'euros, bouclée début janvier, lui offre une occasion supplémentaire d'aborder 2021 avec une arme de plus à son arsenal.

Pour achever de contenter les actionnaires, LVMH proposera à son AG d'avril un dividende de 6 euros par action (dont 2 ont déjà été payés en décembre sous la forme de dividende intérimaire).

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