WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Chantiers de l'Atlantique, Fincantieri

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Chantiers de l'Atlantique : le rêve européen s'effondre

La pandémie, mais aussi Bruxelles, ont eu raison de l'acquisition du constructeur naval par son concurrent italien Fincantieri. Les candidats ne se bousculent pas.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

La tempête sanitaire a fait chavirer le projet d'"Airbus de la construction navale" associant l'italien Fincantieri et les Chantiers de l'Atlantique, caressé par les édiles françaises et italiennes. Dans un communiqué commun diffusé ces jours derniers, Rome et Paris, à travers leurs ministères de l'Économie respectifs, ont annoncé l'abandon de l'accord de cession des titres des Chantiers détenus par l'État français (84%) et l'entreprise publique Naval Group (12%), qui prendra fin le 31 janvier.

Deux raisons sont invoquées. La première ne surprendra personne : la pandémie. "La France et l'Italie prennent acte du fait que le contexte économique actuel ne permet pas de poursuivre le rapprochement envisagé entre les Chantiers de l'Atlantique et Fincantieri. […] En effet, le secteur du tourisme fait actuellement face à un niveau d'incertitude économique inédit, du fait de la crise de la Covid-19 qui n'autorise pas la poursuite de l'opération", expliquent les autorités.

Mais il n'y a pas que cela. La sévérité (ou rigueur, c'est selon) de l'autorité de la concurrence européenne n'a pas non plus permis de constituer un modèle économique viable dans le contexte actuel. "La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le projet le 30 octobre 2019 et exprimé des doutes quant à l'impact de l'opération en termes de concurrence. Dans le contexte de la crise sanitaire et du manque de visibilité sur la reprise du marché de la construction navale, la Commission européenne n'a pas clôturé la procédure", poursuivent les deux ministères. La France et l'Italie ont d'ailleurs pris leur décision après un entretien téléphonique avec Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission, en charge des sujets de concurrence. À ceux qui la pensaient assagie, la responsable danoise montre qu'elle a encore du mordant. Fincantieri est le numéro Un européen de la construction de navires de croisière, tandis que le Français est numéro trois (derrière l'allemand Meyer Werft) et présente également un volet militaire (coques de porte-avions, etc.).

C'est la fin d'un interminable processus. L'accord de principe, signé le 2 février 2018, avait ainsi "été prolongé cinq fois" (dont une dernière le 31… décembre dernier) avant d'être abandonné, précisent les deux autorités.

Cet échec fait toutefois des heureux : les élus locaux et les représentants du personnel, qui craignaient des pertes d'emploi et des transferts de technologies au partenaire chinois de Fincantieri, la CSSC. Mais reste à trouver une solution de rechange. Si le gouvernement précise que "l’État français reste l’actionnaire principal des Chantiers de l’Atlantique et soutiendra l’entreprise aussi longtemps que la crise durera", ce ne sera pas aisé : en 2016, lorsque le coréen STX en faillite fut obligé de vendre les Chantiers, seul Fincantieri s'était porté candidat. Aujourd'hui, Jean-Claude Bourrelier, le fondateur de l'enseigne Bricorama, serait prêt à s'engager pour au moins dix ans et à apporter des fonds propres sans toucher de dividendes. D'autres marques d'intérêt existent, explique-t-on du côté de Bercy.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article