WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
défaut, défaillances, entreprises, Moody's

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Défaut des entreprises : difficile d'y voir clair pour 2021

Les défauts des entreprises devraient atteindre un pic en mars et devraient se réduire sensiblement en fin d'année, si l'on en croit le scénario de base de Moody's. Mais cela reste un élément statistique.
Forte récession pour 2020
Forte récession pour 2020

Les entreprises ont été placées sous perfusion pendant la crise sanitaire en 2020, grâce aux divers dispositifs de soutien étatiques dont elles ont bénéficié à travers le monde - ce qui fait craindre à certains une période particulièrement difficile en 2021, une fois que les effets des mesures se seront estompés. Le nombre de défauts a régulièrement augmenté au fil de l'année 2020 dans le monde mais, selon Moody's, il devrait progressivement reculer d'ici à fin 2021.

Selon l'étude annuelle de l'agence de notation de crédits sur les défaillances, le taux de défaut sur 12 mois glissant des sociétés financières et non-financières notées en catégorie spéculative (c'est-à-dire "Ba" ou moins selon la nomenclature de Moody's) a atteint 6,7% en décembre de l'année dernière, soit plus du double par rapport à la fin de 2019 (3,2%). Il atteindra son sommet en mars prochain, soit 7,3%, soit le taux le plus élevé depuis 2009. Ensuite, il reculera progressivement pour terminer l'année à 4,7%. "En raison de l'intervention rapide des Banques centrales et des gouvernements avec des mesures fiscales et monétaires pour réduire l'effet de la crise, le rythme des défauts a également commencé à reculer [en 2020]. Si les risques que la pandémie fait peser sur l'économie sont encore présents, nous nous attendons à ce que l'association des campagnes de vaccination et les mesures macroéconomiques soutiennent le redressement économique au fil de l'année 2021 et que le nombre de défaut soit inférieur cette année à l'année dernière", explique Sharon Ou, vice-president de Moody's.

L'agence identifie la période que nous traversons comme la quatrième grande période de récession/retournement économique depuis les années 1980, après le début des années 1990, l'éclatement de la bulle internet en 2001 et la crise financière en 2008. Le taux maximum de défauts anticipé de 7,3% reste assez nettement inférieur à ceux des crises précédentes : il atteignait 12,3% en juin 1991, 9,7% en mai 2002 et 13,3% en septembre.

Mais cela est faussement rassurant. Car l'évolution du taux à la baisse ne signifie pas que les défaillances se concluront systématiquement par une sortie par le haut ; en outre, elle ne dit rien des conséquences sociales de celles-ci. En tout état de cause, "malgré le déclin du nombre de défaut en cours d'année, le taux de défaut pour 2021 restera supérieur au taux moyen observé depuis 1983 de 4,2%", précise Moody's. Une situation qui traduit "l'augmentation de la proportion des émetteurs dont les notes de crédit sont faibles dans l'univers des entreprises", donc de la dégradation de la solidité financière moyenne des sociétés. Il y a également le volet psychologique, difficilement mesurable, mais beaucoup plus violent que lors des crises précédentes malgré un taux de défaillance nettement inférieur : un taux reste un élément statistique, alors qu'une crise sanitaire et des périodes de confinement social, avec leurs effets directs sur la santé, ont des effets à long terme.

Comme l'année dernière, les entreprises seront différemment affectées en fonction de leurs activités en 2021. Les hydrocarbures, la distribution et les services aux entreprises ont été les secteurs qui ont le plus contribué à la flambée des défauts d'entreprises en 2020. L'univers des compagnies pétrolières et gazières a par exemple souffert par l'effondrement des prix, victime à la fois de la pandémie ayant fortement réduit l'activité économique et la demande en énergie et de la difficulté à trouver un accord entre la Russie et l'Arabie saoudite en mars de la même année. En 2021, les difficultés se rencontreront d'abord dans l'hôtellerie et dans les loisirs, suivis des services aux entreprises, puis du pétrole & gaz.

Moody's reconnaît qu'il s'agit de son scénario fondamental, mais qu'il n'est pas le seul. "Les tendances macroéconomiques et les conditions de marché pourraient se dégrader davantage si les taux d'infection augmentaient significativement et freinaient la reprise de l'activité économique avant que les vaccins puissent être largement diffusés", écrivent les auteurs du rapport. Ils citent notamment : des confinements dans des économies d'importance systémique ; une stagnation prolongée si le choc engendré par le coronavirus se transforme en récession affectant les bilans des entreprises, avec un effet collatéral sur le secteur financier ; le retrait des stimuli monétaires et fiscaux avant que le redressement de l'économie soit suffisant ; l'accroissement des tensions commerciales internationales et de l'instabilité géopolitique ; une rupture technologique beaucoup plus ample que celle qui est déjà à l'œuvre actuellement.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article