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Publicis et son atout Epsilon
Les Bourses européennes étaient bien orientées ce matin, portées par une foi en la reprise économique et alimentées par plusieurs résultats financiers d'entreprises jugés encourageants. Publicis, en affichant la plus forte hausse du CAC40 en matinée (+6,2% à 46,5 euros), y a contribué.
En effet, le groupe de publicité et de communication a publié ce matin des comptes 2020 bien meilleurs qu'anticipés et a livré certaines prévisions rassurantes. Son résultat opérationnel s'établit à 1,56 milliard d'euros (une baisse certes de 8,3% sur un an), pour une marge de 16% (contre 16,9% en 2019) ; mais les analystes s'attendaient en moyenne à un bénéfice de 1,41 milliard et à une marge de 14,6%. Le repli a pu être limité notamment grâce à un plan de réductions de coûts de 467 millions d'euros. Enfin, si Publicis ne s'estime pas en mesure de fournir des indications sur sa croissance pour 2021, il anticipe néanmoins "une amélioration de son taux de marge opérationnelle jusqu'à 50 points de base", notamment grâce à la poursuite de "sa discipline sur les coûts". La perspective de voir cette marge tangenter les 16,5% en 2021, "soit environ 90 points de base au-dessus du consensus" selon Oddo BHF, est jugée "très encourageante" par ce même courtier.
Publicis était déjà parvenu à déjouer les pronostics des analystes au troisième trimestre. Mais l'inconnue demeurait pour le dernier trimestre de l'exercice, puisqu'une partie du monde entrait dans une nouvelle phase de restrictions sanitaires. Sur ce plan, Publicis peut se féliciter d'avoir eu le nez creux en acquérant l'américain Epsilon en 2019 (pour 4,4 milliards de dollars), malgré les doutes exprimés par le marché à l'époque. Ce spécialiste de l'analyse de données a permis au groupe français de remporter des budgets en proposant des offres reposant sur cette activité. "La grande surprise nous vient des États-Unis", a ainsi déclaré ce matin Arthur Sadoun, président du directoire de Publicis. Le chiffre d'affaires de l'ensemble du groupe a progressé de 0,5% à périmètre et change constants aux États-Unis au quatrième trimestre, où l'ensemble de ses activités numériques ont enregistré une hausse de leurs revenus : Epsilon (+5,5%) et, dans une moindre mesure, Publicis Sapient et Health. De quoi amortir la baisse du chiffre d'affaires mondial (pénalisé par les restrictions sanitaires), à 3,9% en organique, alors que les analystes attendaient en moyenne -6,7%. Le rôle joué par les États-Unis prévalait déjà au trimestre précédent (l'Amérique du Nord avait reculé de 3%, contre une baisse de 9% en Europe et de 9,2% en Asie).
Tout en améliorant sa marge opérationnelle, Publicis compte également poursuivre son désendettement en 2021. Il prévoit de maintenir son flux de trésorerie disponible avant variation du BFR autour de 1,2 milliard d'euros, par rapport à un flux de 1,19 milliard en 2020 (en baisse de 5% par rapport à 2019).
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